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Affaire suivie par : CERTA Objet : Bulletin d'actualité
N°5
Gestion du document
Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document. 1 Activité en cours,D,,2 /D//2 Les rejets constatés pendant la période du 03 juin 2004 au 10 juin 2004 sont composés essentiellement par le trafic port 445/tcp. Ces rejets sont deux fois plus importants que ceux sur le port 135/tcp, et quatre fois plus importants que ceux sur le port 137/udp. Ces trois ports correspondent à des services fonctionnant sous Windows, et qui ne sont généralement pas des serveurs ouverts à l'Internet. Les rejets sur le port 22/tcp (ssh) sont faibles en proportion. Toutefois, ils sont généralement caractéristiques de machines compromises. L'un des rejets constatés provenait d'une machine dans une direction départementale d'un ministère. Cette machine est considérée comme compromise. Elle présentait par ailleurs des dysfonctionnements dans certains de ces services. Tout dysfonctionnement d'un service est généralement caractéristique d'une compromission de la machine. En effet, lors des intrusions informatiques, certains binaires sont souvent remplacés par d'autres fichiers ayant des fonctionnalités différentes, ce qui a des conséquences sur le bon fonctionnement du système. 2 Retour d'expérience sur les incidents2.1 Enregistreur de clavierLe CERTA a récemment communiqué au sujet du ver Korgo. Une analyse de ce ver a été faite par un CERT partenaire du CERTA. Ce ver peut être associé à un logiciel malveillant qui enregistre toutes les frappes au clavier avant de les transmettre à un site WEB accessible à tous ceux qui en connaissent l'URL. Les analystes de ce logiciel enregistreur de clavier pensent qu'il est destiné essentiellement à recueillir des données bancaires comme un numéro de carte par exemple. Grâce à la collaboration entre CERT, le CERTA a pu identifier quelques adresses IP au travers desquelles des machines infectées sont connues du site de recueil des données capturées. Ces adresses peuvent être différentes de l'adresse IP de la machine réellement infectée en raison de l'architecture du réseau (routeur, serveur mandataire, pare-feu avec de la NAT, ...). Avec l'aide de la chaîne fonctionnelle de sécurité des ministères, il a été possible d'identifier avec certitude des machines contaminées. L'analyse de ces machines montre quelques similitudes qui seront décrites ultérieurement. Quelques enseignements sur l'architecture de sécurité peuvent cependant être tirés de cet incident : Dans le cas d'une machine compromise avec l'enregistreur de clavier, les données capturées ont traversé avec l'aide du protocole HTTP deux serveurs mandataires, un pare-feu et un filtre d'URL avant d'être enregistrées et rendues accessibles sur un site WEB public. N'importe qui, connaissant l'URL où sont stockées les données peut lire toutes les saisies au clavier. Dans notre cas particulier la machine compromise servait à saisir des informations nominatives dans une base de données. Cette base de données était accessible au travers d'une interface WEB sur l'Internet protégée par un nom et un mot de passe. Quelque soit la qualité du mot de passe, dans la mesure où il peut être lu par n'importe qui, la protection des informations de la base de données devient inefficace. Les données bancaires sont protégées habituellement par le protocole HTTPS. Quelque soit la qualité de ce protocole pour la protection des flux de données, il est important de constater qu'il est rendu inutile lorsque tout ce qui est saisi au clavier est envoyé sur un site distant tiers. Nous vous invitons à garder à l'esprit cet incident lorsque vous concevez de nouvelles applications en ligne. La sécurité d'un système d'information dépend de l'élément le plus faible : ici le poste de travail qui, malgré de nombreux dispositifs de filtrage, laisse fuir des informations. N'oubliez pas que dans le cas des informations nominatives vous avez l'obligation légale d'assurer la sécurité relative à la confidentialité de ces données. 2.2 Bonnes vacancesL'été approche. C'est l'occasion de prendre quelques vacances bien méritées après un début d'année chargé en activités liées à la sécurité des systèmes d'information et aux virus informatiques en particulier. Chaque année l'été fournit une situation favorable à la prolifération des vers et autres virus. On a pu le constater par exemple avec CodeRed au début du mois d'août 2001 ou avec Blaster en été 2003. Par ailleurs des vulnérabilités majeures peuvent être publiées pendant l'été, comme par exemple Cisco en juillet 2003, qui a publié un avis touchant tous ses produits. Le problème posé par les virus de l'été vient plus de la capacité de réaction amoindrie par la concomitance des congés de ceux qui habituellement administrent les mises à jour et la sécurité du parc informatique et réseau, que des caractéristiques techniques des virus qui sortent à cette période. C'est pourquoi le CERTA vous rappelle de bien préparer l'été en :
3 Actions suggérées3.1 Respecter la politique de sécuritéQuoique puisse suggérer ce document, la politique de sécurité en vigueur dans votre service doit primer. Cette section précise néanmoins quelques mesures générales de nature à vous prémunir contre les agressions décrites dans ce document. 3.2 Concevoir une architecture robusteA la lumière des enseignements tirés de ce qui a été présenté dans les bulletins d'actualité, il convient de vérifier que les applications mises en œuvre (ou à l'étude) ont une architecture qui résiste aux incidents décrits. 3.3 Appliquer les correctifs de sécurité
La table 3 rappelle les avis du CERTA correspondant aux applications ou codes malveillants relatifs aux ports étudiés dans les sections précédentes. 3.4 Utiliser un pare-feuL'application des correctifs sur un parc informatique important n'est probablement pas immédiat. Un pare-feu correctement configuré peut retenir les attaques informatiques le temps d'appliquer les correctifs. Cependant un pare-feu peut donner une illusion de protection. Cette protection est brisée par la moindre introduction d'un ordinateur nomade dans la partie protégée.. On remarque qu'il y a de nombreux paquets rejetés à destination de ports légitimement utilisés par des applications de prise de main à distance. La téléadministration correspond à une demande qui grandit avec la taille du parc à gérer. Les paquets rejetés montrent le risque associé à ce type d'application. Ce risque peut être amoindri par l'usage d'un pare-feu. 3.5 Analyser le réseauDe nombreux paquets rejetés étudiés correspondent aux ports ouverts par divers virus/vers/chevaux de Troie. Si votre politique de sécurité autorise le balayage des ports ouverts sur les postes de travail ou les serveurs, il peut s'avérer utile de le faire régulièrement de sorte à découvrir les machines potentiellement contaminées avant qu'un intrus ne le fasse à votre place. 3.6 Réagir aux incidents de sécuritéOrganisez-vous pour réagir aux incidents de sécurité, en particulier, pour assurer une certaine continuité dans les équipes d'administration et de sécurité. Le CERTA a pour mission de vous aider à répondre aux incidents de sécurité informatique. Ne traitez pas les dysfonctionnements des machines à la légère. Dans certains incidents dans lesquels le CERTA intervient, les administrateurs des machines font spontanément part de petits dysfonctionnements inexpliqués et d'apparence anodine qui s'avèrent, au cours de l'analyse, être liés à un incident majeur de sécurité. N'hésitez pas à prendre contact avec le CERTA si vous constatez de l'activité sur les ports décrits ci-dessus.
Liste des tableaux
Gestion détaillée du document
CERTA 2012-01-04 |
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