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Affaire suivie par : CERTA Objet : Bulletin d'actualité
N°20
Gestion du document
Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document. 1 Activité en coursDurant la semaine du 16 septembre au 23 septembre 2004, l'activité a été marquée par le trafic à destination du port 445/tcp. Un ministère nous a fait part de ses observations pour ce port : à partir du 21 septembre 2004, les rejets des paquets à destination du port 445/tcp sont environ 6 fois plus importants que ceux constatés pour la semaine qui précédait. Nous constatons également sur nos propres équipements une augmentation de ce type d'activité à partir du 21 septembre, mais l'augmentation n'est pas aussi forte. Un ministère a signalé de très nombreuses tentatives d'intrusion sur un de ses serveurs http, provenant d'une seule adresse IP. Ce type de tentatives ne se remarque pas sur les pare-feux, mais dans les journaux des serveurs ou sur d'éventuelles sondes (il semble que ces tentatives soient un acte isolé). Il est toutefois important de les signaler, car il peut s'agir d'une attaque généralisée sur tous les ministères. Enfin, un de nos correspondants a signalé l'infection d'un poste par un cheval de Troie. Celui-ci nous a été transmis, et est à l'étude. La suite du bulletin d'actualité fait le point sur un aspect souvent méconnu : l'utilisation des flux de données additionnels pour cacher des données. Cette technique a pu être mise en évidence lors d'un incident récemment traité par le CERTA. ,D,,2 /D//2 2 Les flux de données additionnels2.1 HistoriqueLe système de fichiers NTFS (NT FileSystem) a été développé par Microsoft à la fin des années 90 pour équiper le système d'exploitation Windows NT destiné au marché des serveurs. Il est utilisé depuis, par défaut, avec Windows NT, 2000, XP et 2003. Fort de l'expérience acquise dans le développement d'OS/2 et de son système de fichiers HPFS (High Performance File System) avec IBM, Microsoft a conçu un système de fichiers en phase avec l'état de l'art, ce qui était loin d'être le cas des vieillissants systèmes FAT. Parmi les apports, on peut relever la journalisation, le support du contrôle d'accès, la capacité à trier des fichiers d'après un attribut à l'aide d'index en arbres B (un répertoire est seulement un index qui trie les noms de fichier qu'il contient),... 2.2 OrganisationChaque fichier présent est complètement
décrit à l'aide d'un enregistrement (file
record) de taille fixe (parfois plusieurs, surtout en cas
de fragmentation du fichier). L'ensemble des enregistrements
constitue un méta-fichier système appelé
$MFT (Master File Table) présent à la racine
(visible jusqu'à NT4 avec la commande
2.3 Les flux de données additionnels (Alternate Data Streams)Un fichier peut ainsi avoir plusieurs flux de données (plusieurs contenus) : le principal qui n'a pas de nom et d'autres éventuels pour peu qu'ils possèdent chacun un nom. On parle alors de flux de données additionnels (alternate data streams) ou flux nommés. Cependant la taille affichée par les applications courantes correspond toujours à celle du flux anonyme. A titre d'exemple, taper les commandes suivantes dans une console :
Si l'évolution de l'API win32 permet maintenant de programmer aisément avec les flux nommés, le support au niveau des applications (même au sein des systèmes d'exploitation Windows) est quasi inexistant. Il y a quelques années (en 2000 !), le CERTA avait relayé une information du SANS Institute qui faisait état d'un virus utilisant les flux nommés et s'inquiétait de l'absence de support dans les antivirus majeurs. Le problème n'est donc pas récent, mais semble avoir été marginalement exploité. Cependant, il apparaît que cette technique est un peu plus couramment employée de nos jours. Il est alors possible pour un virus de dissimuler l'essentiel de son code dans un ou des flux nommés en ne laissant apparaître dans le flux anonyme que peu de code. Si ce code résiduel n'est pas très caractéristique, il pourrait mettre en échec certains antivirus, tant que les moteurs d'analyse n'auront pas évolué, la grande majorité utilisant des signatures. Lors d'un incident récemment traité par le CERTA, un virus utilisant les flux de données additionnels pour se dissimuler a été trouvé. 2.4 Sources
3 Actions suggérées3.1 Respecter la politique de sécuritéQuoique puisse suggérer ce document, la politique de sécurité en vigueur dans votre service doit primer. Cette section précise néanmoins quelques mesures générales de nature à vous prémunir contre les agressions décrites dans ce document. 3.2 Concevoir une architecture robusteA la lumière des enseignements tirés de ce qui a été présenté dans les bulletins d'actualité, il convient de vérifier que les applications mises en œuvre (ou à l'étude) ont une architecture qui résiste aux incidents décrits. 3.3 Appliquer les correctifs de sécurité
Le tableau 3 rappelle les avis du CERTA correspondant aux applications ou codes malveillants relatifs aux ports étudiés dans les sections précédentes. 3.4 Utiliser un pare-feuL'application des correctifs sur un parc informatique important n'est probablement pas immédiat. Unpare-feu correctement configuré peut retenir certaines attaques informatiques le temps d'appliquer les correctifs. Cependant un pare-feu peut donner une illusion de protection. Cette protection est brisée par la moindre introduction d'un ordinateur nomade dans la partie protégée. On remarque qu'il y a de nombreux paquets rejetés à destination de ports légitimement utilisés par des applications de prise de main à distance. La téléadministration correspond à une demande qui grandit avec la taille du parc à gérer. Les paquets rejetés montrent le risque associé à ce type d'application. Ce risque peut être amoindri par l'usage correct d'un pare-feu. 3.5 Analyser le réseauDe nombreux paquets rejetés étudiés correspondent aux ports ouverts par divers virus/vers/chevaux de Troie. Si votre politique de sécurité autorise le balayage des ports ouverts sur les postes de travail ou les serveurs, il peut s'avérer utile de le faire régulièrement afin de découvrir les machines potentiellement contaminées avant qu'un intrus ne le fasse à votre place. 3.6 Réagir aux incidents de sécuritéOrganisez-vous pour réagir aux incidents de sécurité, en particulier, pour assurer une certaine continuité dans les équipes d'administration et de sécurité. Le CERTA a pour mission de vous aider à répondre aux incidents de sécurité informatique. Ne traitez pas les dysfonctionnements des machines à la légère. Dans certains incidents dans lesquels le CERTA intervient, les administrateurs des machines font spontanément part de petits dysfonctionnements inexpliqués et d'apparence anodine qui s'avèrent, au cours de l'analyse, être liés à un incident majeur de sécurité. N'hésitez pas à prendre contact avec le CERTA si vous constatez de l'activité sur les ports décrits ci-dessus. 4 Rappel des avis et des mises à jour émisPendant la période du 20 au 25 septembre 2004, le CERTA a émis les avis suivants :
Durant cette même période, les mises à jour suivantes ont été publiées :
Par ailleurs, le CERTA a publié une alerte le 23 septembre :
5 Documentation
Liste des tableaux
Gestion détaillée du document
CERTA 2012-01-04 |
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