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Affaire suivie par : CERTA Objet : Bulletin d'actualité
N^2005-10
Gestion du document
Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document. 1 Activité en coursLe tableau 3 montre les rejets pour les ports sous surveillance que nous avons constatés sur deux dispositifs de filtrage, entre le 24 et le 03 mars 2005. Deux cas de défiguration de site web ont été traités par le CERTA. Pour l'un des deux cas, il s'agit de l'exploitation d'une faille de AWStats (voir avis CERTA-2005-AVI-035). 2 Les « rootkits »Aujourd'hui, le grand public est familier avec les notions de virus, de vers (« worms » et « phpworms » comme évoqués dans le précédent bulletin d'actualité), de chevaux de Troie (« trojan »), de logiciels espion (« spyware ») et autres dénomminations pour des codes malveillants (« malware »). Ces dernières semaines, nous assistons à une recrudescence des références à la notion de « rootkit ». Pourtant, les rootkits font partie du paysage de la sécurité informatique et des actes de pirate depuis de nombreuses années déjà. Le CERTA tient à apporter un certain nombre d'explications et de précisions en faisant appel à son expertise et son expérience dans le domaine. Le terme rootkit est en fait un terme générique qui fait référence aux mécanismes et techniques utilisés afin de permettre de dissimuler une activité illicite dans un système d'information. Lorsque l'on parle de rootkit, on fait généralement référence à la période consécutive au piratage d'un système (piratage pouvant avoir eu lieu par l'exploitataion d'une faille). Il pourra s'agir d'un ou plusieurs programmes, accompagnés de fichiers de configuration (afin de personnaliser le rootkit selon le but recherché). Un rootkit peut être sous forme binaire (déjà compilé pour une plate-forme) ou sous forme d'une archive, contenant tous les fichiers à compiler, à personnaliser et à installer sur la machine cible. L'objectif recherché par un rootkit est de maintenir une présence illicite dans un système d'information, le plus longtemps possible, sans attirer l'attention par un comportement anormal du système d'information. Il existe différentes techniques de camouflage utilisées par les rookits :
Par ailleurs, l'installation d'un rootkit peut inclure des programmes d'attaque ou d'extraction d'informations sensibles (mots de passe de la machine, reniffleur réseau etc), ou encore de modification du comportement de la journalisation. Il existe des rootkits pour tous les systèmes d'exploitataion. De nombreux rootkits sont disponibles sur l'Internet, à la fois pour Windows, GNU/Linux, la famille des BSD (FreeBSD, OpenBSD et NetBSD), Solaris, MacOS X ... Potentiellement tous les systèmes d'exploitation sont concernés par les rootkits. Plusieurs classifications des rootkits sont possibles. On reprendra celle publiée par Bryce Cogswell et Mark Russinovich sur la page Internet de RootkitRevealer de sysinternals (http://www.sysinternals.com). Une première classification possible concerne la persistance du rootkit au redémarrage de la machine. On classe donc les rootkits en rootkits persistants et rootkits basés en mémoire (sous entendu, ne survit pas à un redémarrage de la machine). Une seconde classification, complémentaire de la première, concerne le mode d'exécution du rootkit : rootkit en mode utilisateur ou rootkit en mode noyau. Parmi les rootkits les plus connus on pourra mentionner AFX, Vanquish, HackerDefender et FU pour la plate-forme Windows. Des virus récents tels maslan ou Myfip.H intègrent des techniques inspirées des rootkits. Pour les plates-formes UNIX, les rootkits les plus courants sont t0rn, SuckIT, Adore, Knark ... Des outils de détection de rootkits existent depuis longtemps en utilisant des stratégies souvent différentes afin de maximiser les chances de détection. Parmi les outils de détection de rootkits pour les plates-formes UNIX, on pourra mentionner chkrootkit et Rootkit Hunter. Récemment, le site de Sysinternals (http://www.sysinternals.com), réputé pour ses outils gratuits dans le monde de la sécurité informatique, a mis à disposition un outil pour plate-forme Microsoft Windows dénommé RootkitRevealer. F-Secure a annoncé à la conférence CEBIT, qui se tient actuellement à Hanovre en Allemagne du 10 au 16 mars 2005, une fonctionnalité pour Microsoft Windows dénommé F-Secure Blacklight, permettant a priori de détecter et d'éliminer un certain nombre de rookits. D'autre part, Microsoft va prochainement mettre à disposition un outil de détection des rootkits appelé Strider GhostBuster Rootkit Detection. Toutefois, il faut se montrer prudent avec ces produits. D'une part, ils peuvent modifier le système de fichiers, et rendre toute analyse a posteriori plus délicate. D'autre part, les rootkits peuvent intégrer des systèmes de protection contre ces outils pour les rendre inefficaces. 3 Rappel des avis et des mises à jour émisDurant la période du 28 février au 04 mars 2005, le CERTA a émis les avis suivants :
Pendant cette même période, les mises à jour suivantes ont été publiées :
4 Actions suggérées4.1 Respecter la politique de sécuritéQuoique puisse suggérer ce document, la politique de sécurité en vigueur dans votre service doit primer. Cette section précise néanmoins quelques mesures générales de nature à vous prémunir contre les agressions décrites dans ce document. 4.2 Concevoir une architecture robusteA la lumière des enseignements tirés de ce qui
a été présenté dans les bulletins
d'actualité, il convient de vérifier que les
applications mises en 4.3 Appliquer les correctifs de sécuritéLe tableau 2 rappelle les avis du CERTA correspondant aux applications ou codes malveillants relatifs aux ports étudiés dans les sections précédentes. 4.4 Utiliser un pare-feuL'application des correctifs sur un parc informatique important n'est probablement pas immédiat. Un pare-feu correctement configuré peut retenir certaines attaques informatiques le temps d'appliquer les correctifs. Cependant un pare-feu peut donner une illusion de protection. Cette protection est brisée par la moindre introduction d'un ordinateur nomade dans la partie protégée. On remarque qu'il y a de nombreux paquets rejetés à destination de ports légitimement utilisés par des applications de prise de main à distance. La téléadministration correspond à une demande qui grandit avec la taille du parc à gérer. Les paquets rejetés montrent le risque associé à ce type d'application. Ce risque peut être amoindri par l'usage correct d'un pare-feu. 4.5 Analyser le réseauDe nombreux paquets rejetés étudiés correspondent aux ports ouverts par divers virus/vers/chevaux de Troie. Si votre politique de sécurité autorise le balayage des ports ouverts sur les postes de travail ou les serveurs, il peut s'avérer utile de le faire régulièrement afin de découvrir les machines potentiellement contaminées avant qu'un intrus ne le fasse à votre place. 4.6 Réagir aux incidents de sécuritéOrganisez-vous pour réagir aux incidents de sécurité, en particulier, pour assurer une certaine continuité dans les équipes d'administration et de sécurité. Le CERTA a pour mission de vous aider à répondre aux incidents de sécurité informatique. Ne traitez pas les dysfonctionnements des machines à la légère. Dans certains incidents dans lesquels le CERTA intervient, les administrateurs des machines font spontanément part de petits dysfonctionnements inexpliqués et d'apparence anodine qui s'avèrent, au cours de l'analyse, être liés à un incident majeur de sécurité. N'hésitez pas à prendre contact avec le CERTA si vous constatez de l'activité sur les ports décrits ci-dessus.
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Liste des tableaux
Gestion détaillée du document
CERTA 2012-01-04 |
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