![]() |
CERTA Centre d'Expertise Gouvernemental de |
![]() |
|
Affaire suivie par : CERTA Objet : Limiter l'impact du SPAM
Gestion du document
Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document. 1 DéfinitionsTout internaute reçoit dans une plus ou moins grande mesure des courriers électroniques qu'il ne souhaite pas recevoir. En général, il s'agit de courriers publicitaires (diverses formes de pornographie, médicaments, papiers officiels, crédits, ...), mais il peut aussi s'agir de propagande ou de diverses formes d'escroquerie. Le SPAM désigne cette forme de courrier. Il est difficile de le définir précisément de façon objective, ce qui constitue une des limites de la lutte contre sa prolifération. Plusieurs définitions existent comme par exemple :
Globalement le SPAM est indésirable parce qu'il engendre du trafic non désiré, le volume de courriers électroniques concerné peut avoir une influence sur le bon fonctionnement de l'Internet et parce qu'il peut porter d'autres formes de malveillances informatiques (WEB bug, arnaque, virus, ...). Dans ce document, le SPAM désigne tout courrier jugé indésirable par son destinataire.
La lutte contre le SPAM conduit à
Dans ce document, on appelle :
|
|||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
| MTA de | MTA de | ||
|---|---|---|---|
| a-b.com | c-d.com | ||
| EHLO a-b.com | le MTA de a-b.com | ||
| ------> | s'identifie | ||
| 250-c-d.com | le MTA de c-d.com répond | ||
| 250-PIPELINING | |||
| 250-SIZE 10240000 | |||
| 250-VRFY | |||
| 250-ETRN | |||
| 250-STARTTLS | |||
| 250 8BITMIME | |||
| <------ | |||
| MAIL FROM: alice@a-b.com | le MTA de a-b.com | ||
| ------> | précise qui est l'émetteur déclaré | ||
| 250 Ok | |||
| <------ | |||
| RCPT TO: bob@c-d.com | qui est le destinataire | ||
| ------> | |||
| 250 Ok | |||
| <------ | |||
| DATA | |||
| ------> | |||
| 354 End data with <CR><LF>.<CR><LF> | |||
| <------ | |||
| Date: Wed, 28 Sep 2005 11:31:06 +0200 | le corps du message | ||
| From: Alice <alice@a-b.com> | |||
| To: Bob <bob@c-d.com> | |||
| Subject: Important! | |||
| Message-Id: <20050928113106.5b42ecd6.alice@a-b.com> | |||
| Organization: a-b | |||
| Mime-Version: 1.0 | |||
| Content-Type: text/plain; charset=US-ASCII | |||
| Content-Transfer-Encoding: 7bit | |||
| Le texte du message | |||
| . | |||
| ------> | |||
| 250 Ok: queued as EC967A4C09 | le message est accepté | ||
| <------ | |||
| QUIT | |||
| ------> | |||
| 221 Bye | |||
| <------ | |||
En particulier, pour toutes les commandes du protocole SMTP, il existe des codes d'erreurs destinés à l'émetteur.
Deux autres commandes SMTP ont une influence notable sur le SPAM. Ce sont :
Ces deux commandes permettent à un spammeur de vérifier ou de confirmer des adresses de courriels.
C'est l'information qui est attachée au message et qui précise les conditions de son acheminement
Return-Path: <alice@a-b.tld>
X-Original-To: bob
Delivered-To: bob@c-d.tld
Received: from a-b.tld (unknown [192.168.100.100])
by c-d.tld (Postfix) with SMTP id D2FBEA4C09
for <bob>; Wed, 28 Sep 2005 11:37:10 +0200 (CEST)
Date: Wed, 28 Sep 2005 11:31:06 +0200
From: Alice <alice@a-b.tld>
To: bob@c-d.tld
Subject: Important !
Message-Id: <20050928113106.5b42ecd6.alice@a-b.tld>
Organization: CERTA
X-Mailer: Sylpheed version 1.0.4 (GTK+ 1.2.10; i386-pc-linux-gnu)
Mime-Version: 1.0
Content-Type: text/plain; charset=US-ASCII
Content-Transfer-Encoding: 7bit
Status:
Le texte du message
Normalement quand le destinataire souhaite répondre à un message, il utilise la valeur donnée dans le champ From: de l'en-tête. Cependant, dans certains cas on peut souhaiter que la réponse ne soit pas acheminée à l'émetteur. Pour cela, le champ Reply-To: de l'en-tête permet de spécifier le ou les destinataires de la réponse au courriel.
Si, pour une raison quelconque, le courriel ne peut pas être acheminé jusqu'à son destinataire, une bonne pratique, appuyée par une norme RFC, veut que le MTA retourne un message d'erreur sous la forme d'un courriel qui explique pourquoi le message n'a pas pu être acheminé.
Ce type de message d'erreur est appelé DSN, Delivery Status Notification. C'est très utile pour :
Pour éviter des boucles (un courriel de d'erreur en réponse à un courriel d'erreur), souvent le courriel d'erreur peut ne pas avoir d'adresse de retour (cf. RFC 821) : MAIL FROM: <>.
Le champ MX (abréviation de Mail eXchange), identifie dans le DNS le ou les serveurs responsables du traitement des messages pour un domaine particulier.
Par exemple, le MX du domaine certa.ssi.gouv.fr est la machine mail.certa.ssi.gouv.fr. Un mail envoyé à l'adresse de mél certa-svp@certa.ssi.gouv.fr est donc en pratique reçu par le serveur mail.certa.ssi.gouv.fr.
Ce document ne s'intéresse qu'aux mesures techniques et organisationnelles de lutte contre le SPAM. Les aspects légaux ne sont pas abordés.
L'idée sous-jacente à ces méthodes est que le spammeur ou le bombardier fait un usage abusif des ressources du serveur de messagerie. En limitant les ressources accordées au transport estimé abusif du courriel on limite l'impact du SPAM avec un effet négatif marginal sur le courriel légitime.
Les ressources que l'on peut limiter sont par exemple, selon les options de configuration des outils :
L'idée qui est à la base de ces techniques est que le SPAM est émis par un serveur.
Certains logiciels de serveur de messagerie ont une option qui permet de vérifier si le domaine émetteur existe. Cela évite le courrier avec un domaine émetteur usurpé.
Le risque de faux positif est limité, en effet (en l'absence de Reply-To) il est difficile de répondre à un message pour un domaine qui n'existe pas.
Le principe est de qualifier le courrier en fonction de la réputation du serveur qui l'a émis.
La réputation d'un serveur de courrier qui a émis du SPAM récemment est entachée, dans la mesure où l'on suppose qu'il pourrait à nouveau en émettre. Le serveur émetteur est identifié par la seule information fiable : son adresse IP.
Le spammeur dont l'adresse IP a été mise en liste noire prend le risque qu'un nombre significatif des messages qu'il envoie soit automatiquement qualifiés de SPAM et en définitive jamais lus.
Cette première sorte de liste noire a un intérêt limité par le fait que le spammeur s'adapte et fait en sorte de ne pas être connus sous son adresse IP.
En effet une technique utilisée par les spammeurs est d'identifier des serveurs de messagerie configurés en relais ouverts et de les utiliser pour relayer le SPAM. L'adresse vue par le récepteur du courriel est celle du relais de messagerie et non l'adresse du spammeur.
Le parti pris d'une telle liste est que la probabilité de recevoir du SPAM d'un relais de messagerie ouvert est plus grande que la probabilité de recevoir un SPAM d'un serveur qui ne serait pas ouvert.
L'idée sous-jacente est que, normalement, un utilisateur particulier de l'Internet, lorsqu'il souhaite envoyer un message configure son MUA pour se connecter directement au MTA du fournisseur d'accès. Un robot d'envoi de courriel, comme certains de ceux utilisés par les spammeurs, s'adresse directement au MTA du destinataire.
Ainsi, une technique de plus en plus fréquemment utilisée par les spammeurs est de prendre le contrôle d'une machine mal protégée, à l'aide d'un cheval de Troie par exemple, et d'y installer un serveur ou un relais de messagerie. Il est en général reconnu que de nombreux particuliers ne configurent pas leur ordinateur domestique pour lui permettre de resister à de telle prises de contrôle. Les machines connectées dans les plages d'adresses IP allouées par les fournisseurs d'accès à leurs clients particuliers sont donc par rapport aux adresses professionnelles plus souvent utilisées pour envoyer du SPAM.
Par ailleurs, les adresses allouées aux particuliers sont souvent des adresses dynamiques (l'utilisateur n'a pas toujours la même adresse IP). Il est donc difficile pour un particulier de placer son propre MTA sur ce type d'adresse. Ceci est encore un argument pour dire que, normalement, sur une plage d'adresses IP allouées à la clientèle des particuliers normalement, il n'y a pas de serveur de messagerie sciemment installé par le propriétaire de la machine.
Lorsqu'un courriel provient d'une telle adresse IP, il est plausible que ce soit un SPAM.
L'inconvénient est le risque de faux positif pouvant toucher un émetteur de courrier qui a les compétences pour installer un MTA dans de telles conditions défavorables.
Le spammeur, dans une démarche pragmatique, peut être tenté de simplifier l'usage qu'il fait du protocole SMTP. En particulier, sachant que la liste d'adresses de mél dont il dispose est imparfaite et dans le but de toucher le plus rapidement possible les destinataires dont les adresses sont valides, il est parfois tenté de ne pas tenir compte des messages d'erreurs émis par le serveur de messagerie à qui il envoie des messages électroniques.
Une technique de lutte contre le SPAM appelée liste grise consiste à envoyer un message d'erreur temporaire7 pour obliger le MTA émetteur à tenter de réémettre le courriel. Si le courrier est effectivement réémis, l'adresse de l'émetteur est mémorisée pendant quelques semaines.
L'idée sous-jacente est qu'un MTA légitime normalement configuré va essayer de réémettre le courriel. En revanche, un logiciel d'envoi massif de messages électroniques ne prendra pas cette peine.
L'hypothèse qui est faite est qu'un logiciel d'envoi de SPAM est fait pour envoyer du courrier et non pour en recevoir. Il sait produire des commandes SMTP, mais ne sait pas les interpréter. Pour savoir si on est en présence d'un serveur de SPAM ou d'un serveur de messagerie, on va le tester avec des commandes SMTP. Des exemples de tests :
Lorsque le message arrive, il est placé dans une file d'attente. Le serveur de messagerie envoie une demande à l'émetteur pour qu'il s'authentifie. L'authentification consiste en général à donner un mot de passe ou à visiter une page. Cela demande à l'émetteur une phase humaine d'interprétation de la requête.
L'inconvient est que cela ralentit l'acheminement du courrier. Il y a un risque de faux positif.
L'idée à la base de ces techniques est que le phénomène du SPAM recouvre des contenus assez stéréotypés. L'étude du contenu des courriels peut aider à qualifier en SPAM ou non.
Il s'agit de qualifier de SPAM des courriels qui contiennent certains mots clés.
Ce type de technique est insuffisante, il est très aisé pour un spammeur de faire modification mineure à son texte, qui le laisse intelligible mais qui contourne les filtres à mots clés.
Par exemple, à partir du mot CERTA, on peut écrire les variantes suivantes C E R TA, CE.R.TA, C3RTA, C.ERT4, ... Visuellement ces mots restent très proches du mot recherché mais sont différents. Là ou un humain reconnait avec un petit effort quel est le mot maquillé, un programme de reconnaissance automatique peut avoir beaucoup de difficultés.
Les filtres à mots clés sont généralement déconseillés.
Un filtre à empreinte calcule une signature du contenu d'un courriel et le compare à une base de données d'empreinte de messages considérés comme du SPAM.
L'idée sous jacente est que le SPAM consiste en l'envoi massif de messages tous identiques.
Il y a deux problèmes derrière ce type d'outils :Ces filtres cherchent à établir une probabilité que le message soit un SPAM en étudiant son contenu, et le comparant ce dernier avec des caractéristiques de SPAM émis dans le passé :
De plus en plus de logiciels malveillants (virus, chevaux de Troie, bot, ...) installent un serveur de messagerie sur la machine qu'ils ont compromise. Cette fonctionalité des outils malveillants est destinée à faciliter la propagation du SPAM.
Lutter contre le SPAM, c'est donc aussi lutter contre les logiciels malveillants. Le CERTA a émis de nombreux documents sur la façon de se protéger contre les logiciels malveillants.
Une façon de contribuer à qualifier un courriel reçu pourrait être « est-ce que le serveur qui l'a émis est une machine reconnue par le maître du domaine émetteur apparent comme légitime pour envoyer du courriel ? ».
Nous l'avons vu, le DNS d'un domaine au travers de son champ MX peut indiquer quel est le serveur de messagerie prévu pour recevoir le courrier électronique pour le domaine. C'est absolument nécessaire pour envoyer du courrier puisque le MUA ou le MTA doit déterminer quel serveur assure le relayage du message vers le destinataire.
Le champ MX ne répond pas à la question qui consiste à déterminer quelles sont les machines prévue pour envoyer du courrier. Il faudrait une sorte de MX à l'envers.
C'est l'objet du champ SPF. Il sert à désigner dans le DNS les machines autorisées par le domaine à émettre du courrier. Les MTA ont ensuite la possibilité, au moment de la réception de la commande EHLO ou MAIL FROM, de vérifier si l'adresse IP de l'émetteur du courriel déclarant provenir de mondomaine.com est bien une des adresses déclarées par le gestionnaire du domaine mondomaine.com comme une adresse autorisée à envoyer du courriel.
L'inconvénient est qu'à l'heure actuelle le
bénéfice de l'intérogation du champ
SPF est faible puisque peu de domaines l'ont
rempli.
Un autre inconvénient est que l'interprétation du SPF peut s'avérer fausse dans certains cas où l'utilisateur fait suivre son courrier.
Enfin, le SPF en tant que tel n'est pas suffisant. Un spammeur pourrait très bien s'acheter ses noms de domaines et déclarer des champs SPF pour ses domaines. Les promoteurs de SPF mettent en avant la nécessité de la gestion de la réputation.
A moins d'avoir une bonne raison de faire autrement, il est conseillé de ne pas laisser un relais de messagerie ouvert sur l'Internet. Un serveur de messagerie raisonnablement configuré ne devrait accepter de relayer que vers les quelques domaines nécessaires.8
Normalement le plan de déploiement du parc informatique devrait préciser quelles sont les machines destinées à servir de relais de messagerie.
Si c'est autorisé, scanner le réseau pour découvrir le port 25/TCP ouvert.
Certains fournisseurs d'accès offrent un service relatif aux protocoles de routage, tel que BGP par exemple. Les spammeurs ont dès lors la possibilité d'identifier des plages d'adresses IP pour lesquelles aucune route n'est définie, puis de déclarer des routes vers ces plages et d'émettre du SPAM depuis ces plages.
Il existe des listes de plages d'adresses IP non attribuées. Aucun trafic ne devrait venir de celles-ci.
Une bonne pratique veut que l'on filtre en entrée et en sortie de son réseau ces plages d'adresses.
Certains outils d'envoi de SPAM collectent les adresses de méls qu'ils trouvent sur la machine compromise sur laquelle ils sont installés. En particulier, un tel logiciel peut chercher dans les boîtes aux lettres. Un abonné à une ou plusieurs listes de diffusion, serait une cible idéale pour de tels outils parce qu'une grosse liste de diffusion avec plusieurs publications par jour est une source de nombreuses adresses de méls sauvegardées sur de nombreuses machines d'internautes.
Pour limiter les risques qu'une adresse de mél soit collectée dans de telles conditions, il est recommandé d'utiliser des adresses jetables pour poster dans les listes de diffusion ou les groupes de news, dans un blog ou un forum.
Il existe sur l'Internet de nombreux prestataires qui offrent des boîtes aux lettres gratuites. Il ne faut pas hésiter à créer de nombreuses boîtes aux lettres (une par usage).
Chaque internaute devrait choisir lui-même l'usage qu'il fait de ses adresses de messagerie.
Il faut éviter de donner une adresse de mél d'un tiers dans un formulaire que l'on remplirait à sa place sans son accord préalable, ou en donnant son adresse dans le champ d'un formulaire de site WEB du style « envoyer à un ami ».
Une façon de protéger l'adresse de mél des tiers qui ont fait confiance en vous la donnant, est de mettre les destinataires des courriels dans les champs invisibles tels que Bcc, plutôt que les champs To et CC. C'est important dès lors que l'on a beaucoup de destinataires dans un message.
Il existe des outils pour collecter les adresses de mél sans se préoccuper du consentement de leur propriétaire. Il s'agit en particulier d'outils qui extraient les adresses de mél publiées sur les sites WEB. Afin d'éviter que les adresses ne soient collectées de la sorte, il convient d'éviter de publier les adresses sur les sites WEB.
Il est préférable de ne publier que les adresses fonctionnelles plutôt que les adresses personnelles.
Il y a des astuces pour publier les adresses de mél dans l'espoir qu'elles échappent au outils de collecte :
L'inconvénient de ce type d'astuce est qu'il contribue à altérer l'accessibilité de la page WEB.9
Répondre à un SPAM, c'est confirmer au spammeur que l'adresse à laquelle il a envoyé un message existe vraiment. Indirectement, c'est s'exposer à recevoir beaucoup d'autres SPAM.
Ne pas répondre ne suffit pas. Encore faut-il configurer son lecteur de messagerie pour qu'il ne réponde pas à la place du lecteur :
Presque tous les hommes meurent de leurs remèdes, et non pas de leurs maladies.
Molière
Le malade imaginaire
Le fait qu'un serveur de messagerie soit configuré en relais et que ce relais soit ouvert n'est pas un problème de sécurité en tant que tel pour l'organisation qui met en œuvre ce serveur.
La norme qui définit le protocole SMTP, le RFC 821, indique même que le relais est un bien meilleur choix en matière de sécurité que d'avoir à définir explicitement la route par laquelle doit passer le courriel.
Cependant, tant de nombreux abus ayant été commis par des tiers indélicats cherchant à masquer leur origine, qu'un serveur de messagerie configuré en relais ouvert a de grandes chances de se retrouver rapidement dans une liste noire.
La conséquence de cette mise en liste noire est que le courrier émis par l'organisation a une plus grande probabilité d'être qualifié de SPAM par les destinataires et donc d'être rejeté.
De nombreux sites WEB interactifs offrent la possibilité d'envoyer des messages à l'institution qui met en ½uvre le site au travers d'un formulaire. Ce formulaire est ensuite traduit en courrier.
La configuration du formulaire et du serveur de messagerie qui traite les saisies dans ce formulaire, devrait être telle que seule l'institution peut recevoir des courriels saisis dans le formulaire. Le formulaire ne doit pas servir de relais pour envoyer des messages à n'importe qui dans le monde.
La lutte contre le SPAM conduit les spammeurs à rechercher de plus en plus à se cacher pour commettre leur action. Au même titre que la compromission d'ordinateurs peu protégés, l'utilisation de points d'accès ouverts permet d'envoyer du SPAM relativement discrètement.
Une organisation qui envisage de fournir des points d'accès doit s'interroger sur le besoin de les laisser ouverts et vérifier que les points d'accès sont configurés conformément à la politique retenue.
Le principe de fonctionnement d'une liste noire est le suivant.
IPe
+------------+ SMTP +----------------+
|MTA émetteur|--------->|MTA destinataire|
+------------+ HELO +----------------+
|
DNS | IPe=SPAM?
V
+----------------+
| liste noire |
+----------------+
Le serveur de messagerie, lorsqu'il reçoit une connexion SMTP, acquiert l'adresse IP de l'émetteur. Il interroge alors la ou les listes noires auxquelles il est abonné afin qu'elles qualifient ou non cette adresse IP d'émetteur récent de SPAM.
Le protocole utilisé pour interroger une base de données d'adresses IP est naturellement le protocole DNS.
La qualité de la qualification dépend du sérieux avec lequel la liste noire est gérée. Si le gestionnaire de la liste noire n'accepte pas rapidement les nouveaux signalements alors le taux de faux négatifs augmente. Si au contraire le gestionnaire de la liste tarde à nettoyer de sa base les adresses des serveurs de messagerie ayant fait l'effort nécessaire pour ne plus propager du spam, alors le risque de faux positifs augmente.
Indépendamment de la qualité de la gestion de la liste, utiliser une liste gérée par un tiers suppose que l'on ait confiance dans la discrétion et l'intégrité de ce tiers. En effet, le fonctionnement même de la liste noire fait qu'à chaque réception d'un message l'adresse IP de l'émetteur et/ou le nom de domaine de l'émetteur est envoyé à la liste noire.
Avant d'utiliser une liste noire, il convient de s'interroger sur ce qu'elle recense exactement (IP connues pour avoir émis du SPAM ou relais de messagerie) et sur la façon dont elle est gérée. Par ailleurs, il est important de s'interroger régulièrement sur la qualité de la gestion mise en œuvre dans cette liste.
Les listes noires de serveurs de messagerie existent depuis longtemps. La plupart d'entre elles ont été des projets bénévoles gérés par des passionnés voulant aider à lutter contre le SPAM.
Certains spammeurs ont réagi à l'existence de ces listes par le déni de service. Elles ont été tellement saturées de requêtes que :
Ce problème devient vraiment important si on offre le service de liste noire à des tiers sur l'Internet. Pour un usage interne, le risque est moindre.
Dans certains cas, recevoir le courrier légitime de certains émetteurs est une priorité. Pour une raison ou pour une autre, il est possible que cet émetteur se trouve placé dans une liste noire. Mettre une adresse en liste blanche, c'est considérer que quoiqu'il arrive, tout courrier venant de cette adresse sera acheminé.
Plutôt que d'utiliser une liste noire difficile à gérer, on peut partir du principe suivant : « a priori tout message provenant d'une adresse IP inconnue est temporairement rejeté à moins qu'il ne soit réémis » . Toute adresse IP ayant réémis un message est considérée comme utilisant un serveur de messagerie capable d'interpréter les messages d'erreur (d'indisponibilité temporaire), donc il ne s'agit pas d'un automate simplifié d'émission de SPAM. L'adresse IP ayant réémis le message obtient alors une bonne réputation qu'elle conserve en étant mise dans une liste blanche pendant une durée limitée de quelques semaines. Ensuite elle doit repasser le test.
Au regard du droit français, les adresses utilisées pour envoyer du courrier à des personnes privées, doivent avoir été au préalable collectées de façon loyale, c'est à dire avec le consentement de leur propriétaire quant à leur utilisation future, à des fins publicitaires par exemple.
Dans l'hypothèse où l'internaute aurait donné son consentement, il se peut qu'à la longue, il ne souhaite plus recevoir ce type de courrier. La loi oblige l'émetteur d'un courrier publicitaire à offrir un moyen de se désabonner. L'utilisation d'une telle adresse de désabonnement avec un émetteur de bonne foi est de nature à limiter le nombre de courriers indésirables.
Cette démarche fonctionne avec les acteurs honnêtes du marketing, qui dans une démarche commerciale bien comprise, ne cherchent pas à mécontenter leurs prospects par des courriers indésirables.
Le spammeur, quant à lui, n'a pas à se
préoccuper du mécontentement des destinataires
puisque son activité ne lui permet d'espérer la
réponse que d'une infime partie des destinataires. Il
lui importe plus d'être lu que de contenter. La
première condition pour qu'un message soit lu est que
l'adresse du destinataire existe. Le spammeur est donc
tenté de vérifier que l'adresse est valide.
Une réponse à une adresse de désabonnement indique clairement au spammeur que l'adresse de désabonnement a été extraite, c'est à dire qu'un être humain a lu le courriel et y a répondu. L'adresse de destination du courriel est donc bien l'adresse d'une personne. Le spammeur a donc tout intérêt à réutiliser cette adresse.
Certains thèmes dans le contenu d'un message l'identifie clairement comme du SPAM. Il est donc impératif de ne pas répondre à ce type de message.
Toutefois, l'apparence ne permet de qualifier un courrier en SPAM. En effet, un spammeur astucieux peut concevoir un courriel ressemblant à un message d'une société commerciale sérieuse ayant une démarche de marketing loyale avec une adresse de désabonnement appartenant au spammeur.10
Dans ce cas, la seule chose qui permet de distinguer un message légitime d'une copie est l'adresse IP de l'émetteur. L'apparence du courriel n'est d'aucun secours. L'adresse IP de l'émetteur n'est pas toujours présente dans le message, mais quand elle est présente c'est une donnée disponible dans l'en-tête du message.
Les adresses de désabonnement ne sont donc un outil utile que pour les utilisateurs capables de lire les en-têtes des courriels qu'ils reçoivent.
La différence subtile pour le grand public entre un courrier publicitaire légitime et certains SPAM, conduit à ce que l'obligation, sur laquelle il convient de ne pas revenir, faite aux acteurs du marketing de placer une adresse de désabonnement dans les messages publicitaires, est donc en contradiction avec les recommandations faites au grand public de ne pas répondre à un SPAM. Seul un internaute avisé et formé à la lecture des en-têtes d'un courriel peut faire la distinction entre un vrai courriel publicitaire (sollicité ou non) et un SPAM et utiliser sans risque ce droit qui lui est accordé.
L'objectif de la lutte contre le SPAM est d'acheminer le courrier légitime avec le minimum de faux positifs et de faux négatifs dans la détection du courrier indésirable. Une seule technique peut s'avérer insuffisante. L'usage de plusieurs techniques correctement maintenues peut conduire à une lutte anti-SPAM sinon absolue du moins relativement efficace. L'attention du lecteur est néanmoins attirée sur le fait qu'utiliser de nombreuses techniques peut compliquer la mise au point de l'architecture du système de messagerie ou la recherche d'erreurs.
Lorsque le réseau est assez homogène dans les centres d'intérêts de ses utilisateurs, il peut être envisagé de mettre en place une solution centralisée de filtrage.
Une politique de lutte contre les virus est utile dans la lutte contre le SPAM. Le CERTA a émis de nombreux documents de bonnes pratiques pour lutter contre les virus informatiques.
L'attention du lecteur est attiré sur le fait que les chevaux de Troie qui participent au relayage du message sont souvent des logiciels de type bot ou zombie, connus pour être relativement mal détectés par les logiciels anti-virus. La lutte contre les virus ne saurait donc se baser uniquement sur les logiciels anti-virus.
La déclaration et l'interrogation des champs SPF dans le DNS est une technique qui pourrait à l'avenir aider à mieux qualifier les messages. Les administrateurs systèmes sont invités à déclarer leur champs SPF, après avoir vérifié que les usages relatifs au renvoi du courrier en vigueur dans leur domaine ainsi que leur logiciel de messagerie sont compatibles avec SPF.
La plupart des logiciels de messagerie modernes offrent la possibilité de qualifier les messages sur leur contenu. L'utilisateur peut indiquer finement au logiciel ce qu'il considère ou non comme du SPAM.
Le SPAM est souvent le symptôme de problème de sécurité (mauvaise architecture, mauvaise configuration, compromission de machines, ...). Dans ce cas, il convient de faire un traitement d'incident (cf. note d'information CERTA-2002-INF-002).
En cas de réception d'un nombre massif de courriers avec du SPAM, il est fort propable que de nombreux destinataires n'existent pas. Le serveur de messagerie destinataire va normalement générer de nombreux messages DSN. En cas de SPAM les émetteurs sont souvent fantaisistes, si bien qu'envoyer des messages d'erreur ne fait qu'amplifier le déni de service.
En cas d'attaque, il est donc recommandé de désactiver la fonction d'envoi de messages d'erreur.
Le nombre d'incidents de SPAM est considérable. Le CERTA ne peut pas traiter tous les incidents de SPAM.
Le CERTA a la responsabilité d'aider les administrations de l'État à répondre aux incidents de sécurité qui les affectent. Dans ce contexte, le CERTA traite de nombreux incidents de SPAM affectant les administrations.
Lorsqu'un incident de SPAM (publicité abusive par son volume, bombardement de courriels, usurpation de l'adresse, ...), ou au contraire que les conséquences des mesures de lutte contre le SPAM (liste noire, ...), ou enfin que les moyens mis en œuvre pour diffuser le SPAM concernent une administration (relais ouvert), le CERTA est compétent pour traiter l'incident de sécurité.
Le SPAM peut être le symptôme de problèmes techniques plus profonds comme la compromission de machines, le vol de données personnelles, ... à ce titre le CERTA attache une certaine importance aux machines impliquées dans la diffusion de SPAM.
Le CERTA est compétent pour recevoir les rapports d'incidents concernant les incidents de SPAM, les incidents liés aux effets de bord de la lutte contre le SPAM ou lorsque les moyens utilisés pour se propager affectent la France.
Le CERTA n'a pas toujours la ressource nécessaire pour traiter finement ce type d'incidents, il pourra néanmoins informer les parties concernées en donnant les conseils nécessaires pour que cesse le trouble.
http://www.signal-spam.fr
http://www.minefi.gouv.fr/tracfin/questions.htm#nigerianne
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2002-INF-002
http://www.cymru.com/Bogons/
http://www.cru.fr/antispam/index.html/doku.php

| Premier Ministre / Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale / Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information | webmestre | Dernière mise à jour : le 01/09/2010 |