| S . G . D . S . N Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information |
![]() |
Paris, le 18 mai 2007 No CERTA-2007-ACT-020 |
Affaire suivie par :
CERTA
Objet : Bulletin d'actualité
2007-20
| Conditions d'utilisation de ce document : | http://www.certa.ssi.gouv.fr/certa/apropos.html |
| Dernière version de ce document : | http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2007-ACT-020 |
Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document.
Le bulletin d'actualité est disponible dans son intégralité et au format PDF à l'adresse suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2007-ACT-020.pdf
Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la semaine, se trouve en HTML à l'adresse suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2007-ACT-020/
Le CERTA a pu, au travers d'un incident, observer l'évolution d'un site Web hébergeant un site de phishing. Pour diverses raisons, notamment un manque de coopération de l'hébergeur, ce site Web compromis n'a pas pu faire l'objet d'un traitement d'incident correct. En particulier, il n'a pas été possible d'accéder aux journaux du serveur, ce qui aurait pu permettre de mettre en évidence la faille exploitée, ainsi qu'une éventuelle utilisation d'une porte dérobée déposée précédemment (cette méthode étant fréquemment employée par les intrus). En revanche, nous avons pu suivre l'évolution des sites de phishing installés au gré des messages de notification que nous avons reçus. Nous pouvons établir la chronologie suivante pour le serveur infecté :
Les sites de phishing envoient généralement des messages électroniques chez des fournisseurs de messagerie gratuite. Il est possible que ces adresses de messagerie aient évolué dans le temps. Il est important de préciser que tant qu'au moins une vulnérabilité est présente, le fait de couper l'accès à certaines pages du site est inefficace. En effet, l'intrus peut exploiter une faille ou une porte dérobée (installée lors d'une précédente intrusion) pour réactiver les accès au site frauduleux.
Les incidents de ce type ne peuvent souvent être résolus que par une analyse complète du disque dur, ce qui implique la coopération de l'hébergeur et une interruption de service pour tous les sites co-hébergés.
Les caractères Unicode peuvent être représentés de différentes manières. Ainsi, pour des symboles chinois, japonais ou coréens, il est possible de distinguer les caractères codés sur un seul octet (halfwidth) ou sur deux (fullwidth). Cette distinction est aussi possible pour d'autres caractères, comme ceux de l'alphabet latin. S'il est probable qu'un caractère existe sous les deux formes de codage, cela n'est pas systématique.
En d'autres termes, certaines chaînes de caractères n'auront pas la même signification si elles sont codées par l'une ou l'autre des deux méthodes. Un tableau présentant certaines différences est disponible à l'adresse ci-dessous :
http://www.unicode.org/charts/PDF/
Une vulnérabilité liée à cette propriété a été identifiée dans plusieurs outils de sécurité qui manipulent des chaînes de caractères HTTP, comme les adresses réticulaires (URL).
L'exploitation de cette vulnérabilité permettrait de contourner des politiques de filtrage ou d'analyses de contenu. Une liste de systèmes vulnérables est disponible aux adresses suivantes :
http://www.kb.cert.org/vuls/id/739224
http://www.gamasec.net/english/gs07-01.html
Peu de constructeurs ont, à la date de publication de ce bulletin, proposé des mises à jour. Des bulletins de sécurité ont néanmoins été émis par certains d'entre eux :
http://www.cisco.com/warp/public/707/cisco-sr-20070514-unicode.shtml
http://www.3com.com/securityalert/alerts/3COM-07-001.html
Le CERTA tiendra ses correspondants informés par le biais d'avis quand les mises à jour seront disponibles.
Microsoft a publié mercredi 16 mai 2007 un correctif pour une mise à jour apparue en début du mois : il s'agit du bulletin MS07-027 (KB931768), décrit dans l'avis CERTA-2007-AVI-207.
Cette mise à jour, de référence KB937409, corrige un problème de permissions attribuées aux fichiers temporaires d'Internet Explorer. Les utilisateurs n'utilisant pas le répertoire par défaut, voient apparaître après l'application du correctif une boîte dialogue les avertissant d'un problème de sécurité lié au téléchargement de fichiers ("File Download - Security Warning").
Le récent document de Microsoft explique comment ré-attribuer correctement les droits pour le répertoire choisi, ou revenir à la configuration initiale.
Le CERTA recommande, en cas d'apparition d'un tel message, de vérifier que l'application de la mise à jour est bien la source du problème, et que les fichiers temporaires ne sont pas stockés par défaut :
C:\\Documents and Settings\<USER>\Local Settings\Temporary Internet Files\
C:\Users\<USER>\AppData\Local\Microsoft\Windows\Temporary Internet Files\
Dans ce genre de situation, il est toujours important de vérifier que le message d'erreur correspond à la raison publiée, ou n'est pas l'artefact d'un autre problème, éventuellement de sécurité, sur le système.
http://support.microsoft.com/kb/937409
http://support.microsoft.com/kb/931768
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2007-AVI-207
Microsoft a annoncé mercredi 16 mai 2007 vouloir changer sa méthode d'annonce avancée sur les vulnérabilités, aussi nommée ANS (Advanced Notification Security).
Les bulletins sont publiés les deuxièmes mardis de chaque mois, et le jeudi qui précède, un cours résumé est rendu public par Microsoft afin de faire patienter ses clients. L'information fournie indique : le nombre de vulnérabilités, regroupées par « bloc logiciel » (Windows / Office / etc.), ainsi que l'indice de sévérité maximum attribué par Microsoft les concernant.
A partir de juin, cette annonce préliminaire sera plus complète et sera directement accessible sur le lien générique :
http://www.microsoft.com/technet/security/bulletin/ms07-MOIS.mspx
Les informations fournies concerneront chaque bulletin qui sera publié la semaine suivante, avec les données ci-dessous :
Plusieurs vulnérabilités ont été identifiées dans le navigateur Mozilla Firefox. elles permettraient à une personne malveillante de récupérer des informations intéressantes concernant la configuration du navigateur, afin de mieux cibler une tentative d'attaque.
La seconde vulnérabilité est actuellement corrigée dans la version de test de Firefox, et sera prochainement intégrée dans une mise à jour publique du navigateur.
https://bugzilla.mozilla.org/show_bug.cgi?id=367428
Ces deux vulnérabilités permettent, si elles sont exploitées, de récupérer des informations contextuelles importantes pour une personne malveillante. Cela inclut :
Au bout du compte, cela représente une quantité importante d'informations, qui permettent ensuite de mieux cibler une tentative d'attaque, soit en choisissant sciemment une application suivant la liste retournée, soit par une approche de type « ingénierie sociale ».
Dans l'attente de correctifs, le CERTA rappelle qu'il est vivement recommandé de désactiver Javascript par défaut, et de ne l'employer que sur certains sites de confiance, quand cela s'avère nécessaire.
Si des passerelles filtrant le contenu sont utilisées, il faut également vérifier que des adresses de type resource:// soient correctement filtrées.
Certains groupes ou particuliers proposent depuis maintenant un an, de dédier un mois à la recherche de vulnérabilités dans un domaine particulier. Les résultats sont mitigés, certaines de ces initiatives correspondant davantage à une annonce tonitruante et publicitaire, d'autres offrant par contre à certains l'occasion de publier des vulnérabilités méconnues.
Le CERTA a suivi et commenté dans ses précédentes publications plusieurs de ces initiatives, comme :
Le mois de juin réserve une nouvelle initiative, MoSeB, qui devrait être dédiée aux vulnérabilités dans les moteurs de recherche.
Le CERTA informera ses correspondants à la parution des premières vulnérabilités, si cette initiative se confirme.
Plusieurs vers récents, ainsi que des courriers de filoutage, ont été développés dans l'objectif de dérober des identifiants de connexion pour des sites offrant des « réseaux sociaux », comme MySpace, LinkedIn, etc. Ces sites offrent à leurs clients des espaces personnels, dans lesquels ils peuvent spécifier leurs loisirs, leurs activités et leurs contacts professionnels, etc. On peut donc se demander pourquoi il existe un tel attrait pour ces identifiants, dont le vol est, selon plusieurs rapports, en croissance. Voici quelques explications :
Le CERTA rappelle à cette occasion quelques bonnes pratiques :
Récemment, une expérience intéressante a été réalisée par un chercheur.
Celui-ci a acheté pour une somme négligeable un domaine et plusieurs mots-clés Google (Google Adwords) pointant vers celui-ci. Les publicités retournées par le moteur de recherche indiquaient clairement que l'utilisateur serait infecté par un virus (le nom donné au domaine étant lui aussi très explicite et indiquant un code malveillant pouvant être téléchargé automatiquement sans action de l'utilisateur). Le descriptif indiquait en effet "Is your PC virus-free? Get it infected here!" (« Est-ce que votre PC est ouvert aux virus ? Venez l'infecter ici ! »). En réalité, les utilisateurs étaient alors simplement dirigés vers une page les remerciant de leur visite.
L'expérience a duré six mois. Sur un total de 259 723 affichages sur des navigateurs d'individus, la publicité a engendré 409 clics, soit environ pour 0.16% des affichages. Ceci n'est pas un nombre très élevé, mais montre que des internautes visitent des liens malgré le descriptif. On remarque également que les moteurs de recherche n'offrent pas nécessairement de garantie sur le type de publicité, ni le contenu des pages qui seront retournées.
Certains cas de véritables publicités malveillantes (pas d'expérience inoffensive ces fois-là) et non explicites ont été signalés.
Le CERTA rappelle donc à cette occasion que :
Certains codes malveillants utilisent le navigateur de la
victime pour infecter sa machine. Une des méthodes
fréquemment rencontrée consiste à utiliser
du code JavaScript dans une page web vulnérable mettant
en
uvre la méthode
ShellExecute de l'API (Advanced Programming Interface)
Windows. Cette fonction permet l'exécution ou
l'interprétation d'un fichier si son extension (comme
".exe" par exemple) est connue du système.
Une façon simple de limiter l'impact d'une telle
infection consiste dans un premier temps à
désactiver par défaut la mise en
uvre des JavaScript dans le navigateur. Il est
également fortement recommandé de ne pas naviguer
avec une session administrateur ou qui en aurait les
mêmes droits.
Durant la période du 11 au 17 mai 2007, le CERTA a émis les avis suivants :
Pendant la même période, les avis suivants ont été mis à jour :
(précision sur la nature de la vulnérabilité)
(ajout des références aux bulletins de sécurité Debian, Ubuntu et Gentoo)