S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information
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Paris, le 01 août
2007
No CERTA-2007-INF-003 |
Affaire suivie par :
CERTA
NOTE D'INFORMATION DU CERTA
Objet : Sécurité des
réseaux sans fil Bluetooth
Tableau 1: Gestion du document
| Référence |
CERTA-2007-INF-003 |
| Titre |
Sécurité des
réseaux sans fil Bluetooth |
| Date de la première
version |
01 août 2007 |
| Date de la dernière
version |
- |
| Source(s) |
|
| Pièce(s) jointe(s) |
Aucune |
|
Une gestion de version détaillée se trouve
à la fin de ce document.
La technologie Bluetooth est un système de
communication radio à courte portée
destinée au réseau personnel (WPAN --
Wireless Personal Area Network).
Créée dans le but de remplacer les connexions
filaires entre toutes sortes d'équipements, cette
technologie est peu coûteuse ( euros) et peu consommatrice
d'énergie. Ces deux atouts lui ont permis d'être
rapidement et largement mise en œuvre dans de nombreux
équipements (500 millions d'appareils
équipés de la technologie Bluetooth en
2005)1
À ce jour, les dispositifs utilisant la technologie
Bluetooth peuvent être des
téléphones portables, ordinateurs portables,
imprimantes, périphériques de saisies mais
également des équipements tels que les
récepteurs GPS (Global
Positioning System), les appareils photos, les
assistants personnels numériques (PDA -- Personal Digital Assistant), certains
équipements médicaux et systèmes
embarqués (système audio, kit main-libre, etc.)
dans les véhicules automobiles. La liste et le nombre de
ces appareils continue de s'accroitre.
La technologie Bluetooth est normalisée par
le Bluetooth Special Interest
Group (SIG). Il s'agit d'une association
créée en 1998, elle compte aujourd'hui plus de
8000 membres et a pour mission de promouvoir le
développement de cette technologie sans pour autant
être partie prenante dans sa conception.
La techonologie sans fil Bluetooth fonctionne sur
la bande de fréquence des 2,4GHz identique à
celle utilisée par certaines normes IEEE
802.11. La fonction «saut de fréquence»
définie dans la spécification Bluetooth
permet de limiter les interférences et
d'améliorer la qualité de service.
Les appareils équipés de la technologie
Bluetooth communiquent entre eux en formant des
réseaux ad-hoc (maître-esclave) de faible
portée nommés picoréseaux. Un
périphérique esclave peut avoir plusieurs
maîtres, mais ne sera pas en mesure de communiquer
directement avec un autre esclave.
Ces picoréseaux
permettent à 8 périphériques (1
maître et 7 esclaves) de communiquer de façon
simultanée. La limitation des picoréseaux à 8
périphériques actifs est due à
l'utilisation de trois 3 bits2.
Cependant ces picoréseaux
peuvent contenir jusqu'à 255 équipements
Bluetooth en mode parked.
Un équipement Bluetooth appartenant à
un picoréseau qui ne
necessite plus de communiquer peut rester synchronisé
à celui-ci pour, à terme, communiquer à
nouveau. Un équipement Bluetooth en mode parked est identifiable par son adresse
Parked Member3. Si
cette adresse est nulle, l'équipement en mode parked reste identifiable via son adresse
MAC4.
Toutefois, un périphérique peut appartenir
à plusieurs picoréseaux ce qui constitue alors un
scatternet (réseau
chaîné). Les scatternet et picoréseaux se font et se défont
de façon dynamique au fil des connexions et des
déconnexions des périphériques
Bluetooth.
Les équipements Bluetooth connectés
à un picoréseau
peuvent se transmettre simultanément des informations de
type voix et données (comme défini dans la
spécification du protocol Bluetooth). (cf.
Section 6)
En novembre 2003, la version 1.2 de la
spécification Bluetooth a été
adoptée. Cette version permet des taux de transfert de
l'ordre de 1Mbits/s, en pratique cela se traduit par un
débit de 720kbits/s. Un an plus tard, c'est la version
2.0 qui est adoptée à son tour. Cette
nouvelle version permet des transferts plus rapides, le taux de
transfert peut aller jusqu'à 3Mbits/s
théorique.
La technologie sans fil Bluetooth est
destinée à des réseaux personnels de
courte portée. La distance maximun
spécifiée entre les équipements peut
varier de quelques mètres à une centaine de
mètres pour les appareils les plus puissants. La
distance est directement liée à la puissance
d'émission et à la sensibilité de
réception des dispositifs Bluetooth (cf.
Section 4.2).
La technologie Bluetooth, à l'inverse de la
technologie infrarouge, ne requiert pas des appareils
communicants qu'ils soient sur ligne directe et
dégagée, en effet, cette technologie est
omnidirectionnelle et les ondes radio sont capables de
traverser des objets massifs tels que des murs.
Les appareils Bluetooth sont divisés en
trois catégories définies par leur puissance
d'émission et donc par leur portée. Les
équipements dont la puissance est la plus faible sont
appelés Classe 3 tandis que ceux dont la
puissance est la plus importante sont appelés Classe
1.
Tableau: Bluetooth : classe,
puissance et portée.
| Classe |
Puissance (Atténuation
en dBm) |
Portée |
| Classe 3 |
1 mW (0dBm) |
mètres |
| Classe 2 |
2,5 mW (4dBm) |
10 à 20
mètres |
| Classe 1 |
100 mW (20dBm) |
100 mètres |
|
Ces données sont théoriques et le
matériel peut être modifié de
manière à étendre la portée en
réception (cf. Section 4.2).
2.4
Profils Bluetooth
Les services et/ou applications d'un équipement
Bluetooth sont déterminer par les profils
Bluetooth (Bluetooth Profiles) de façon à permettre
l'interopérabilité entre les appareils
Bluetooth disposant des mêmes profils.
Dans la spécification Bluetooth, au moment
de la rédaction de ce document, il existe 33 profils
Bluetooth qui offrent des fonctionnatilités
variées. Parmis ces profils Bluetooth, on
retrouve des services permettant :
- de transporter des données audio de qualité
stéréo (casque audio, haut-parleurs, baladeur
audio, ...) ;
- de contrôler un système d'imagerie afin
d'envoyer ou de récupérer des images ou
même d'utiliser la fonction de capture et d'affichage
à distance (appareil photo, camescope, ...) ;
- de transmettre des données videos en continu
;
- d'imprimer à distance ;
- d'accéder aux données, signalisation et
services fournies par le réseau RNIS ;
- d'accéder à l'Internet au moyen d'un modem
;
- d'accéder ou d'offrir un service FTP
(File Transfer Protocol) ;
- ...
Cette liste de profils Bluetooth on peut expliquer
l'engouement des industriels pour cette technologie aux
multiples possiblités. Pour les utilisateurs, cette
technologie permet d'échanger, de partager,
d'accéder à un grand nombre d'informations et de
données à tout moment avec une facilité
poussée. Cependant, ces informations qui transitent dans
l'atmosphère doivent être protégées
afin d'assurer un niveau minimum de sécurité
(confidentialité et intégrité).
Le fait d'intégrer la technologie Bluetooth
et toutes les fonctionnalités associées dans de
plus en plus d'équipements a contribué à
transformer ces mêmes équipements en
systèmes d'information communicants. Avec leur
capacité de stockage, leurs services et leurs
connectivités, il est primordial de prendre en
considération la sécurité des
équipements Bluetooth.
La spécification Bluetooth propose 3 modes
de sécurité. Il est à noter que ces modes
de sécurité sont déployés ou non
dans les équipements Bluetooth selon la
décision prise par les fabricants. Les modes de
sécurité sont les suivants :
- mode de sécurité 1 : non
sécurisé ;
- mode de sécurité 2 : sécurisé
au niveau applicatif ;
- mode de sécurité 3 : sécurisé
au niveau de la liaison.
Le mode de sécurité 3 intervient sur la couche
de liaison du modèle OSI, il permet d'établir une
connexion avec authentification et chiffrement au moyen d'une
clé.
Le mode de sécurité 2 permet de
sécuriser de façon logicielle5 le
dispositif Bluetooth en paramétrant les profils
Bluetooth.
Le mode de sécurité 1 permet à un
appareil Bluetooth d'offrir ses services à tous
dispositifs Bluetooth à portée.
Deux dispositifs Bluetooth destinés à
communiquer ensemble fréquement devront être
couplé6 au moyen d'une clé
symétrique. Cette étape permet aux deux appareils
de partager une clé secrète utilisée pour
chiffrer et déchiffrer les données. Cette
clé secrète est conçue au moyen d'un
algorithme mettant en œuvre l'adresse physique des
dispositifs jumelés, de nombres aléatoires mais
surtout d'un sésame fournit par l'utilisateur (code
PIN7, mot de passe, etc...).
Le sésame symétrique requis lors de
l'opération de jumelage est directement
subordonné au périphérique utilisé
:
- certains équipements ne disposant pas d'interface
de saisie (tel qu'un clavier), mettent en œuvre un
sésame stocké définitivement dans le
matériel (micrologiciel). Les dispositifs les plus
élaborés mettent en place une série de
sésames prédéfinis. Ce qui laisse
à l'utilisateur l'opportunité de choisir un
sésame (parmi l'un de ceux disponibles) afin de
remplacer celui par défaut ;
- dans le cas d'un téléphone portable avec la
technologie Bluetooth, le sésame
nécessaire pour coupler deux dispositifs
Bluetooth sera de type numérique ou
également appelé code PIN ;
- d'autres équipements, disposant d'une interface de
communication avec une méthode de saisie
évoluée, permettent de saisir un sésame
plus robuste qu'un code numérique. Uniquement si ce
sésame est composé de caractères
alphanumériques (majuscule et minuscule) et de
caractères spéciaux (tels que .,
,, : etc...).
Un dispositif Bluetooth peut activer ou non le mode
découverte. Ce mode de fonctionnement permet
à un appareil Bluetooth de manifester sa
présence en répondant aux requêtes
destinées à découvrir les
équipements Bluetooth à
portée.
La désactivation de ce mode peut s'avérer
très utile lorsque l'on souhaite établir une
communication entre deux appareils Bluetooth sans pour
autant révéler leur présence aux autres
équipements Bluetooth à portée.
Le mode découverte est de plus en plus souvent
désactivé par défaut sur les
équipements Bluetooth tels que les oreillettes
Bluetooth.
L'utilisation de cette technologie, avec tous les services
qu'elle propose, est assortie à des risques bien
réels de voir des informations dérobées
par des individus qu'il sera très difficile
d'identifier, car les équipements en question sont
conçus pour être petits, légers et mobiles.
Rares sont les équipements qui journalisent les
connexions et les activités Bluetooth.
De nombreuses vulnérabilités liées aux
dispositifs Bluetooth ont été
découvertes depuis la création et l'utilisation
des équipements Bluetooth. Ces
vulnérablités ont d'ailleurs été
suivies par l'apparition d'attaques à l'intitulé
accrocheur. Les principales attaques sont
détaillées ci-dessous :
- Bluejacking
:
-
Cette première attaque, qui s'apparente à
du pourriel, consiste à détourner
l'utilisation principale liée au profil OBEX
Object Push Service (cf. Section 2.4).
Ce profil Bluetooth permet d'envoyer des
éléments (contacts, carte de visite,
rendez-vous ...) entre périphériques
compatibles.
Un utilisateur malintentionné peut remplir
arbitrairement les champs de sa carte de visite et faire
afficher ce texte sur un appareil Bluetooth
choisi.
- Bluesmack
:
-
Cette attaque consiste en l'exploitation d'une
vulnérabilité présente dans des piles
réseau Bluetooth. Un utilisateur
malintentionné peut fabriquer des paquets
spécialement conçus pour réaliser un
déni de service de la pile réseau
Bluetooth ou sur l'équipement
vulnérable.
- Bluebug
:
-
Cette attaque affecte principalement les
téléphones portables équipés
d'une interface Bluetooth. Un utilisateur ayant
accès au profil Bluetooth vulnérable
d'un téléphone portable peut exécuter
arbitrairement toutes sortes de commandes lui donnant ainsi
un contrôle total sur l'équipement
ciblé. Les actions auxquelles l'individu pourrait
avoir accès sont :
- l'accès en lecture et en écriture au
répertoire téléphonique ;
- appel vers n'importe quel numéro
(surtaxé ou malveillant) ;
- modification de la configuration de l'appareil
(volume sonore, renvoi d'appel,...) ;
- lecture et envoi de message SMS ;
- etc.
- Bluesnarfing
:
-
Cette attaque permet à un utilisateur
malintentionné de télécharger
arbitrairement depuis l'équipement
Bluetooth vulnérable un ou plusieurs
fichiers.
Ces attaques8 ont beaucoup perdu en
furtivité depuis que les fabricants d'équipements
Bluetooth implémentent par défaut le
mode sécurité 2. Pour arriver à ses fins
un utilisateur malintentionné devra associer à
ces attaques de l'ingénierie sociale.
4.2
Distance de réception d'un signal
Bluetooth
Le savoir-faire permettant de modifier physiquement un
dispositif Bluetooth de type clé USB
de manière à augmenter considérablement sa
portée de réception est disponible sur
l'Internet.
Par l'un de ces procédés, il est possible de
modifier la portée de réception d'une clé
USB Bluetooth de Classe 3 en y
apportant quelques modifications visant à augmenter le
gain en dB lié à l'antenne. Une
clé USB Bluetooth ainsi
modifiée peut voir sa portée de réception
passer d'une dizaine de mètres à une centaine de
mètres, voir au-delà du kilomètre.
Ces expériences mettent en évidence que les
ondes radio émises par un équipement
Bluetooth peuvent être captées largement
au-delà de la portée théorique,
l'élément important lors de ces
expérimentations est la sensibilité du
récepteur Bluetooth.
Le savoir-faire, ainsi que les moyens matériels
nécessaire pour casser un sésame utilisé
par deux périphériques Bluetooth
jumelés peuvent être réunis. Avec ces
ressources, un utilisateur distant malintentionné peut
compromettre la confidentialité d'un sésame. Par
ce procédé, un sésame de type code
PIN de 4 caractères peut être
cassé en moins d'une seconde. Le temps de calcul maximum
nécessaire pour casser un code PIN est
exponentiel en fonction du nombre de caractères.
Certains dispositifs Bluetooth exigent de
l'utilisateur de saisir à chaque connexion le
sésame symétrique déjà
utilisé lors du jumelage des équipements.
Cependant cette méthode introduit des risques
suplémentaires qui peuvent être exploités
aux moyens d'attaques Bluetooth spécifiques
(basées sur une attaque en force brute) visant à
casser le sésame.
Un équipement Bluetooth ayant
désactivé le mode «découverte» reste tout de
même détectable par un utilisateur
malintentionné. Pour un utilisateur non averti, le fait
de désactiver le mode découverte donne une fausse impression
de sécurité car un périphérique
Bluetooth sous tension reste joignable.
Une attaque consiste a envoyer une requête
spécifique qui ne peut être ignorée par les
périphériques Bluetooth à
portée, même avec le mode
découverte désactivé. Ainsi, une
personne malveillante va tenter de balayer une ou plusieurs
plages d'adresses physiques prédéfinies
associées aux dispositifs Bluetooth afin de
détecter leur présence. Cette attaque de type
force brute est coûteuse en temps pour l'attaquant mais
reste efficace.
La technologie Bluetooth est encore récente
et reste largement orientée par les
considérations de marketing, et ce, au
détriment de la sécurité.
- Privilégier les équipements dont
l'interface Bluetooth peut être amovible
;
- choisir un dispositif Bluetooth maintenu dans le
temps par son fabricant/éditeur. Cet équipement
devra faire l'objet d'un suivi et de publication de mises
à jour destinées aux micrologiciels, drivers,
applications, etc ;
- appliquer les dernières mises à jour de
sécurité destinées aux
équipements Bluetooth ;
- envisager le remplacement périodique des
équipements bluetooth par de plus
récents mettant en œuvre de nouvelles
fonctionnalités de sécurité ;
- dissocier les données personnelles des
données professionnelles sur les appareils et limiter
les informations stockées au strict nécessaire
;
- désactiver la connexion Bluetooth ou
retirer le composant dès qu'il n'est plus
nécessaire, la distance n'est pas une protection
;
- configurer les profils Bluetooth indispensables
de façon à ce que toutes connexions mettent en
œuvre une authentification et un chiffrement des
données ;
-
opter pour un sésame aussi fort que possible en
fonction de l'interface de saisie présente sur
l'équipement Bluetooth :
- clavier numérique/téléphonique :
séquence de chiffres (basée ou non sur les
lettres présentes sur le clavier) ;
- clavier alphanumérique : utiliser les
caractères alphanumériques et
spéciaux disponibles ;
- activer le mode découverte uniquement lors d'un
jumelage avec un autre appareil ;
- désactiver tous services non indispensables et/ou
ceux ne nécessitant pas d'authentification ;
-
procéder à l'association de deux
équipements Bluetooth de confiance dans un
environement sûr :
- éviter les emplacements très
fréquentés tels que les lieux publiques
(voie publique, transports en commun, centres
commerciaux, conférences) pour réaliser
l'association. Préférer un endroit calme au
bureau, à la maison ;
- dans le cas d'un appareil dont la confiance est
limitée, supprimer les paramètres
associés après l'échange.
- suivre l'évolution liée à la
technologie Bluetooth.
6 Documentation
- 01 août 2007
- version initiale.
Notes
- ... 2005)1
-
Source : Site officiel www.bluetooth.com,
http://www.bluetooth.com/Bluetooth/Learn/Benefits/
- ... bits2
- LT_ADDR : Logical Transport Address
- ... Member3
- PM_ADDR : Parked Member Address
- ...MAC4
- Medium Access Control : est un identifiant unique
stocké sur l'interface réseau.
- ... logicielle5
- Couche applicative du modèle OSI
- ... coupl\'e6
- Jumelage et couplage sont synonymes.
- ...PIN7
- Ce code PIN (Personnal
Identification Number) est différent de celui
de la carte SIM fournit par les opérateurs
téléphoniques
- ... attaques8
- On peut ajouter aux attaques citées les suivantes
: Blueprinting, BlueDump, BlueBump, BlueChop
CERTA
2012-01-04
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