S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information
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Paris, le 14 août
2008
No CERTA-2008-ACT-033 |
Affaire suivie par :
CERTA
Objet : Bulletin d'actualité
2008-33
Le bulletin d'actualité est disponible dans son
intégralité et au format PDF à l'adresse
suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-ACT-033.pdf
Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la
semaine, se trouve en HTML à l'adresse
suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-ACT-033/
Le CERTA a traité cette semaine plusieurs cas de
compromission de serveurs Web. Il s'avère que celles-ci
ont été réalisées par le biais
d'une récente vulnérabilité dans le
système de gestion de contenu Joomla!. L'exploitation,
relativement simple, permet de modifier le mot de passe de
l'interface d'administration. Il est alors possible d'effectuer
plusieurs actions : modification, effacement, création
ou insertion de contenu, ajout ou suppression de comptes
utilisateur.
La vulnérabilité est associée à
la page components/com_user/models/reset.php. Le CERTA
a publié l'avis CERTA-2008-AVI-414 à ce sujet. Le
correctif apporté vérifie que le jeton
demandé pour réinitialiser le mot de passe
administrateur est de la taille attendue :
$diff resetOLD.php resetNEW.php
> if(strlen($token)!=32){
> $this->setError(JText::_('INVALID_TOKEN'));
> return false;
> }
Si la fonctionnalité n'est pas souhaitée, il
est également possible de limiter le correctif à
la seule ligne suivante pour l'appel à la fonction
confirmreset :
return(false);
Cette vulnérabilité ne concerne cependant pas
la branche 1.0.x de Joomla!.
Il est vivement conseillé :
Cette semaine le CERTA a informé plusieurs
responsables de site web de la compromission de ces derniers.
Les deux vulnérabilités les plus notables qui ont
été exploitées étaient :
- la dernière vulnérabilité de
Joomla!, détaillée dans l'article
précédent et dans l'avis du CERTA
CERTA-2008-AVI-414 ;
- une ancienne vulnérabilité d'une solution
Open Source de commerce en ligne dont, dans les anciennes
versions, le dossier d'administration n'était pas
protégé en lecture, laissant ainsi accessibles
des outils d'administration tels que le dépôt de
fichier sans authentification ou la modification de page
Web.
Le CERTA rappelle l'importance de l'application et du suivi des
correctifs de sécurité. De plus, lors du
traitement de ces incidents, il fut difficile de joindre les
responsables techniques des serveurs ou des sites. Ce
problème est malheureusement récurrent pendant
les congés scolaires d'été rendant parfois
très difficile et long le traitement d'incident.
Cette semaine, Microsoft a
publié son traditionnel pack mensuel de correctifs. Les
vulnérabilités corrigées (12 bulletins
pour 26 vulnérabilités au total) affectent de
nombreux logiciels :
- plusieurs vulnérabilités dans Microsoft
Internet Explorer permettent d'exécuter du code
arbitraire à distance (CERTA-2008-AVI-412) ;
- plusieurs vulnérabilités dans le
système d'événements de Microsoft
Windows permettent à une personne
malintentionnée d'exécuter du code arbitraire
à distance (CERTA-2008-AVI-409) ;
- une vulnérabilité permet de contrôler
Windows Messenger en utilisant des scripts afin de
manipuler un contrôle ActiveX et cela à l'insu de
l'utilisateur connecté. (CERTA-2008-AVI-410) ;
- une vulnérabilité dans les clients de
messagerie (Outlook Express et Windows
Mail) de certains systèmes Windows
permet à un utilisateur malveillant de porter atteinte
à la confidentialité des données
(CERTA-2008-AVI-408) ;
- une vulnérabilité dans la gestion par
certains systèmes Windows de la politique
IPsec permet à un utilisateur malveillant de porter
atteinte à l'intégrité et à la
confidentialité des données
(CERTA-2008-AVI-407) ;
- ue vulnérabilité existe dans un module
d'allocation de la mémoire du système de
gestion des couleurs de certains systèmes
Windows. Son exploitation, par le biais d'un fichier
image spécialement conçu, permet à un
utilisateur malveillant d'exécuter du code arbitraire
à distance (CERTA-2008-AVI-406) ;
-
de nombreuses vulnérabilités affectent la
suite de logiciels de bureautique Microsoft Office
:
- une vulnérabilité a été
identifiée dans le contrôle ActiveX Snapshot Viewer de Microsoft
Access. Elle a fait l'objet de l'alerte
CERTA-2008-ALE-009 le 08 juillet 2008 et est maintenant
corrigée (CERTA-2008-AVI-413) ;
- trois vulnérabilités ont
été découvertes dans les
différentes versions de Microsoft
PowerPoint (CERTA-2008-AVI-411) ;
- des vulnérabilités ont
été identifiées dans certains
filtres Microsoft Office. L'exploitation de ces
dernières peut conduire à
l'exécution de code arbitraire à distance
par le biais de documents spécialement construits
(CERTA-2008-AVI-405) ;
- plusieurs vulnérabilités ont
été identifiées dans l'application
bureautique Microsoft Excel. Elles peuvent
être exploitées à distance via un
fichier spécialement construit afin
d'exécuter des commandes arbitraires sur le
système vulnérable sur lequel le document
serait ouvert (CERTA-2008-AVI-404) ;
- une vulnérabilité a été
identifiée dans Microsoft Word
(CERTA-2008-AVI-403). Elle permet à une personne
malveillante distante d'exécuter du code
arbitraire sur un poste vulnérable par le biais
d'un document spécialement construit. Cette
vulnérabilité a fait l'objet de l'alerte
CERTA-2008-ALE-010 le 09 juillet 2008.
Les vulnérabilités affectant le navigateur et
la suite de bureautique Microsoft Office vont
très certainement faire l'objet, si ce n'est
déjà le cas pour certaines, dans les prochains
jours, de la publication de code d'exploitation. Le CERTA
profite de cette ensemble de mises à jour pour rappeler
quelques bonnes pratiques afin de limiter les risques et
impacts en cas d'exploitation de vulnérabilité
:
- maintenir l'ensemble des applications à jour
(système d'exploitation, navigateur, logiciels de
bureautique, antivirus, ...) ;
- utiliser un compte aux droits limités lors de la
navigation sur l'Internet et plus généralement
lorsqu'aucun droit d'administration n'est nécessaire
;
- de pas ouvrir de pièce jointe ou suivre de lien
provenant d'une source non sûre ;
- lire les courriels au format texte ;
- éventuellement convertir les fichiers de
bureautique par un logiciel tiers afin de prévenir
l'exploitation de certaines
vulnérabilités.
Des serveurs Web ont recours à HTTPS (SSL/TLS) pour
chiffrer les communications avec leurs clients. Cela peut
être, par exemple, les services en ligne de messagerie.
Par ailleurs, les sites peuvent également déposer
chez les postes clients des fichiers de session
(cookies) qui s'appliquent à un domaine
donné. C'est la politique dite de « même
origine ». Une visite du site www.certa.ssi.gouv.fr ne
peut a priori pas déposer de fichier pour un
autre domaine en .com par
exemple.
Ces fichiers de session ont un champ "secure" qui, s'il est déployé,
signale au navigateur de transmettre les fichiers vers des
serveurs utilisant un canal de communication chiffré.
Cependant, peu de sites ont recours à ce champ et le
transfert de fichiers se fait sans contrôle du contexte
de la communication.
Il est alors possible d'imaginer le scénario
d'attaque suivant :
- un utilisateur se connecte et s'authentifie avec son
navigateur sur un site via HTTPS :
https://www.MonSiteSecure.tld ;
- le site lui communique un fichier de session ;
- l'utilisateur navigue au même moment sur un autre
site http://www.SiteMalveillant.tld. Cette action
peut provenir id'un clic malencontreux dans un courriel ou
d'une redirection (ARP/DNS) de trafic, etc.
- le site http://www.SiteMalveillant.tld retourne
un code HTTP de redirection (par exemple "301 Moved
Permanently") avec, dans l'en-tête, la valeur
Location:http://www.MonSiteSecure.tld ;
- le navigateur de l'utilisateur cherche alors à se
connecter à http://www.MonSiteSecure.tld et
lui envoie une requête HTTP avec le fichier de session
en clair.
Cette attaque ne fonctionne bien sûr que sous
certaines conditions. Le site distant sécurisé
doit également répondre en HTTP et la personne
malveillante doit être en mesure de
récupérer le fichier de session en sniffant. Ce scénario est cependant
très envisageable dans le cas de connexions sans-fil
libres.
La politique de sécurité est alors
contournée, et le seul recours à HTTPS pour se
connecter au site n'est pas suffisante.
Une fois le fichier de session obtenu, la personne
malveillante peut l'importer dans son navigateur et
accéder à la session usurpée pour y
effectuer les mêmes opérations que l'utilisateur
légitime (lecture ou envoi de courriers par
exemple).
Ces attaques sont documentées et des codes
d'exploitation ont été publiés. Il a
été montré récemment au cours d'une
conférence en sécurité que des sites
bancaires ainsi que des services de messagerie en ligne assez
populaires pouvaient être vulnérables à ce
scénario d'attaque.
Il est utile de vérifier que l'attribut
secure est bien utilisé dans le cas de
communication en HTTPS. Dans ce cas, le fichier de session ne
sera pas transmis si le navigateur est redirigé vers un
canal de communication non chiffré.
document.cookie="certa=test;expires=Fr, 15-Aug-2008 23:59:59 GMT;secure";
Il est également souhaitable de ne pas mixer les
échanges via HTTP et HTTPS.
Il faut éviter de naviguer sur des sites qui ne sont
pas de confiance. Le navigateur doit être
configuré pour effacer les fichiers de session à
chaque fermeture.
Dans le cas de communications chiffrées en HTTPS, il
faut :
- se limiter à celles-ci (éviter de naviguer
en parallèle sur d'autres sites) ;
- vérifier les certificats reçus ;
- se déconnecter proprement du site.
Enfin, il est vivement déconseillé de naviguer
sur des sites sensibles où des échanges de
données confidentielles seront faites via des
réseaux non maîtrisés, et en premier lieu
des réseaux sans-fil ouverts.
4 Rappel des avis émis
Dans la période du 07 au 14 août 2008, le CERTA
a émis les avis suivants :
- CERTA-2008-AVI-392 : Multiples
vulnérabilités dans Apache Tomcat
- CERTA-2008-AVI-393 : Vulnérabilité dans
HP-UX libc
- CERTA-2008-AVI-394 : Vulnérabilité dans
Oracle BEA WebLogic Server
- CERTA-2008-AVI-395 : Vulnérabilité dans IBM
Rational ClearQuest
- CERTA-2008-AVI-396 : Vulnérabilité de
PowerDNS Authoritative Server
- CERTA-2008-AVI-397 : Vulnérabilités dans
Cygwin
- CERTA-2008-AVI-398 : Vulnérabilités dans
Adobe Presenter
- CERTA-2008-AVI-399 : Vulnérabilité de
McAfee Encrypted USB Manager
- CERTA-2008-AVI-400 : Vulnérabilité de
Solaris Trusted Extensions
- CERTA-2008-AVI-401 : Plusieurs
vulnérabilités dans des produits CA
- CERTA-2008-AVI-402 : Multiples
vulnérabilités dans Ruby
- CERTA-2008-AVI-403 : Vulnérabilité dans
Microsoft Word
- CERTA-2008-AVI-404 : Vulnérabilités dans
Microsoft Excel
- CERTA-2008-AVI-405 : Multiples
vulnérabilités dans des filtres Microsoft
Office
- CERTA-2008-AVI-406 : Vulnérabilité dans
Windows Color Management System
- CERTA-2008-AVI-407 : Vulnérabilité dans
Windows IPsec
- CERTA-2008-AVI-408 : Vulnérabilité dans
Outlook Express et Windows Mail
- CERTA-2008-AVI-409 : Multiples
vulnérabilités dans le système
d'événements de Microsoft Windows
- CERTA-2008-AVI-410 : Vulnérabilité dans
Windows Messenger
- CERTA-2008-AVI-411 : Multiples
vulnérabilité de Microsoft PowerPoint
- CERTA-2008-AVI-412 : Multiples
vulnérabilités dans Internet Explorer
- CERTA-2008-AVI-413 : Vulnérabilité dans le
contrôle ActiveX Snapshot Viewer d'Access
- CERTA-2008-AVI-414 : Vulnérabilité dans
Joomla!
- 14 août 2008
- version initiale.
CERTA
2012-01-04
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