S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information

République Française Paris, le 19 décembre 2008
No CERTA-2008-INF-004

Affaire suivie par :

CERTA

NOTE D'INFORMATION DU CERTA

Objet : E-mail backscatting, pollution par des rapports de non-livraison de courriels


Conditions d'utilisation de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/certa/apropos.html
Dernière version de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-INF-004

Gestion du document


Tableau 1: Gestion du document
Référence CERTA-2008-INF-004
Titre E-mail backscatting, pollution par des rapports de non-livraison de courriels
Date de la première version 19 décembre 2008
Date de la dernière version -
Source(s) -
Pièce(s) jointe(s) Aucune

Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document.

1 Le contexte

Le protocole SMTP prévoit des codes retours et des messages pour informer l'expéditeur d'incidents affectant la transmission de courriels. Cette fonctionnalité peut être détournée de manière malveillante et devenir une forme de pollution des serveurs de messagerie. Cette pollution consiste, par exemple, en l'envoi de nombreux courriers électroniques vers des boîtes aux lettres électroniques inexistantes ou ne pouvant recevoir ces messages en usurpant une ou plusieurs adresses d'émission appartenant à un même domaine (cf. étape 1 de la figure 1). Cet envoi massif de courrier a pour conséquence de saturer le serveur de messagerie de destination (cf. étape 1 de la figure 2) ainsi que le serveur de messagerie légitime du domaine usurpé (cf. étape 3 de la figure 1) en rapport de non livraison de courriels (NDR : Non Delivery Report).

2 Les faits

Plusieurs cas de réceptions importantes de courriers électroniques non sollicités sur des serveurs de messagerie ont déjà été constatés. Les courriels reçus ont généralement les caractéristiques communes suivantes :

En voici un exemple :

Subject: Undelivered Mail
From: <MAILER-DAEMON@domaineC>
Date: Fri, 18 Apr 2008 14:19:42 +0200
To: <monsieurB@domaineB>
X-Account-Key: account2
Return-Path: <>
X-Original-To: monsieurB@domaineB
Delivered-To: monsieurB@domaineB
Received: from serveurMail@domaineC by serveurMail@domaineB (Postfix) 
            with ESMTP id XXXXXXXX 
            for <monsieurB@domaineB>; Fri, 18 Apr 2008 14:10:52 +0200 
Received: ....
(...)

Your message to the following recipients cannot be delivered:

<MonsieurA@domaineC>
#550 5.1.1 
The recipient's e-mail address was not found in the recipient's e-mail system.

(...)

L'en-tête global du courriel semble dans la majorité des cas légitime. Il ne semble pas « forgé ».

3 Le problème

Ces courriels sont les « résidus » de messages envoyés avec une adresse émettrice usurpée et ayant provoqué un message de retour. La cause de ce message de retour peut être :

Figure: Schéma présentant un scénario de production de "backscatter"
Image backscatter2

Le terme backscatter (« rétrodiffusion » en français) a été utilisé récement pour caractériser ce comportement. Certains parlent plus justement de "e-mail backscatters". Cela peut se définir comme des messages de réponse non sollicités.

Il s'agit donc initialement bien d'une usurpation d'adresse électronique. Cependant, le second problème provient du comportement très hétérogène des serveurs de messagerie.

Dans le meilleur des cas concernant la figure 1, c'est le serveur émetteur de monsieurB qui devrait retourner un rapport de non remise après avoir obtenu une erreur "550 no such user" du serveur de domaineC.

Cependant le serveur de domaineC ne traite pas toujours directement la réception (usage de passerelles). Sur le schéma précédent, le serveur de domaineC va générer des messages d'erreur qui seront retransmis par la passerelle de messagerie.

Par ailleurs, le comportement peut varier si le message d'origine contient plusieurs destinataires. Pour un message envoyé avec une adresse usurpée, cette dernière peut recevoir autant de messages d'erreur que de destinataires erronés. Ce comportement n'est pas souhaité par le standard RFC 2821 mais est mis en oeuvre par certains serveurs.

Le standard est flou concernant le contenu du message d'erreur : celui-ci doit permettre d'identifier le message d'origine, mais il n'est pas nécessaire de copier tout le corps au format texte ni les pièces jointes.

4 Les motivations

Des personnes malveillantes peuvent être amenées à utiliser les propriétés précédentes pour différentes raisons :

5 Que faire en cas de réception importante de courriels de ce type ?

Il n'existe pas de solution absolue. Les messages d'erreur sont légitimes et intrinsèques au fonctionnement de SMTP. Ils peuvent cependant se manifester par un volume anormal de messages que le serveur a du mal à gérer correctement et provoquent ainsi un déni de service.

Certaines solutions sont proposées ci-dessous :

6 Documentation

Gestion détaillée du document

19 décembre 2008
version initiale.



CERTA
2012-01-04