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Affaire suivie par : CERTA Objet : Bulletin d'actualité
2009-11
Gestion du documentLe bulletin d'actualité est disponible dans son intégralité et au format PDF à l'adresse suivante : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2009-ACT-011.pdf Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la semaine, se trouve en HTML à l'adresse suivante : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2009-ACT-011/ 1 Incidents traités cette semaine1.1 Vulnérabilités PDF et exploitationsLe CERTA a traité cette semaine des incidents avec une méthode de compromission présentant plusieurs points communs :
Les fichiers PDF analysés exploitent deux types de vulnérabilités :
Ces incidents sont assez représentatifs de la problématique de ces vulnérabilités : les antivirus ont beaucoup de difficultés à les détecter. Il est donc très important de prendre plusieurs mesures préventives dont :
L'alerte CERTA-2009-ALE-001 mentionne plusieurs contournements provisoires ainsi que l'avancement des publications de correctifs par Adobe selon les versions des logiciels. 1.2 Un site à l'abandon1.2.1 PrésentationCette semaine le CERTA a informé le propriétaire d'un site Web de la compromission de ce dernier. En effet des attaquants avaient réussi à contourner les mesures de sécurité du site afin d'y déposer des fichiers malveillants. L'administrateur du serveur a informé le CERTA que ce site n'était plus utilisé depuis plusieurs mois et que suite à l'information du CERTA, le site serait totalement supprimé car inutile. Les sites abandonnés comme celui-ci posent plusieurs problèmes :
Dans le cas d'un site ou de pages Web devenus inutiles, le CERTA recommande de supprimer toutes les applications et pages (exemple : CMS et autres composants) potentiellement vulnérables et de prévenir, éventuellement, les internautes de cette disparition au moyen d'un page statique. 1.2.2 Documentation
1.3 Comportements étranges...Cette semaine, le CERTA a traité un incident concernant plusieurs compromissions dans une administration. Comme bien souvent, ces compromissions ont été facilitées par l'utilisation d'un logiciel non mis à jour. Les postes étaient infectés par un enregistreur de frappes clavier (ou keylogger) qui envoyait ces informations sur un serveur distant. Le code malveillant a pu être repéré par l'impossibilité pour les utilisateurs d'effectuer certaines combinaisons de touches, notamment les accents circonflexes et les trémas. Cette propriété est assez courante pour un enregistreur de frappes. S'il ne faut évidemment pas se reposer sur ce genre de symptôme pour détecter la présence de codes malveillants, le CERTA rappelle que tout comportement suspect d'une machine (problèmes de touches, messages d'erreur, utilisation anormale du CPU, etc. ) doit être remonté à son administrateur réseau qui pourra alors investiguer le problème. Ce sont souvent des comportements bizarres qui permettent de mettre en évidence un incident. Ils ne doivent pas être sous-estimés. 2 La mise à jour qui dérapeCette semaine un éditeur d'antivirus a publié une mise à jour qui, suite à une erreur humaine, n'a pas été signée. Cette absence de signature a provoqué des alertes au sein même des logiciels de l'éditeur. Les utilisateurs ont observé des demandes d'autorisation d'accès à l'Internet d'un fichier exécutable. Ce fichier, légitime et appartenant aux applications de l'éditeur, a ainsi provoqué une certaine panique chez certains des utilisateurs mais aussi une euphorie chez certaines personnes malveillantes. Les premiers ont cherché sur l'Internet des solutions afin de déterminer l'origine et la dangerosité du fichier exécutable et les seconds ont tenté de conduire les premiers sur de fausses solutions antivirales ou sites malveillants en tout genre. L'éditeur affirme que cette mise à jour n'est été diffusée que pendant un court délai et que peu de personnes ont été touchées. Cet incident permet néanmoins de tirer quelques enseignements :
3 Interfaces actives et réseaux ouvertsDevant le nombre croissant de supports publicitaires utilisant la technologie Bluetooth pour intéragir avec les utilisateurs, le CERTA tient à rappeler les risques inhérents à cette technologie. La note d'information CERTA-2007-INF-003 recommande aux utilisateurs de désactiver leurs interfaces réseau Bluetooth lorsque celui-ci n'est pas indispensable. De plus, il est fortement recommandé de ne pas procéder à un jumelage d'appareils dans un environnement non sûr. Cette même note d'information recense également les risques spécifiques liés à l'utilisation de technologie, sans oublier les risques affectant plus généralement les réseaux sans-fil. De manière générale, les supports publicitaires imposent une configuration très laxiste de l'équipement pour pouvoir communiquer les informations. La portée n'est pas un argument suffisant, comme il a été souligné dans l'article « Portée et Bluetooth » du bulletin d'actualité CERTA-2008-ACT-017. La portée ne dépend pas que de la puissance du signal d'émission. Des antennes externes branchées sur des cartes peuvent, par exemple, considérablement augmenter la qualité de réception.
4 Le système de fichiers ext44.1 PrésentationLa nouvelle version du système de fichiers Extended Filesystem 4 est désormais considérée comme stable et n'est plus estampillée expérimentale dans le noyau Linux depuis sa version 2.6.28. Hormis des capacités revues à la hausse en terme de taille maximale de fichier ou de partitions, ce système de fichiers apporte son lot de nouveautés dont certaines peuvent présenter un intérêt non négligeable pour la sécurité :
Ces deux fonctionnalités sont assez prometteuses surtout dans un contexte d'autopsie suite à un incident. Il existe, par ailleurs, une certaine compatibilité ascendante entre ext4 et ext3 et des outils standards de migration vers ext4. Cependant, certaines nouvelles fonctionnalités introduites dans le nouveau format ne permettent pas d'avoir le même niveau de compatibilité que l'on a entre ext2 et ext3. Par exemple, un des changements majeurs est le mécanisme d'allocation par extents1 « casse » le mécanisme d'allocation traditionnelle s'appuyant par des blocs d'adresses indirectes ou doublement indirectes. Ainsi lorsque l'on convertira un système de fichiers ext3 en ext4, l'actuelle partie allouée du système restera de type ext3 et les nouveaux fichiers créés le seront « à la mode » ext4 par extents. Dans ce cas, on ne pourra plus monter le système ext4 en ext3 car le format ext3 ignore totalement la logique d'extents. Ceci peut être crucial lors d'une récupération d'un système endommagé avec un outil ne supportant que l'ext3 au maximum. 4.2 RecommandationsBien que le système ext4 semble très prometteur tant en terme de performances que de fonctionnalités offertes et dans la mesure où toutes les distributions GNU/Linux ne le proposent pas nativement, il reste préférable d'attendre un support et une intégration plus accrus dans les distributions avant d'envisager une migration de ses sytèmes de fichiers ext3 vers ce nouveau format. Il n'en reste pas moins que certaines des fonctionnalités offertes seront assez appréciables dans un contexte de traitement d'incident.
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