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Affaire suivie par : CERTA Objet : Bulletin d'actualité
2010-43
Gestion du documentLe bulletin d'actualité est disponible dans son intégralité et au format PDF à l'adresse suivante : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2010-ACT-043.pdf Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la semaine, se trouve en HTML à l'adresse suivante : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2010-ACT-043/ 1 Incident de la semaineCette semaine le CERTA a eu à traiter une injection
d'iframe sur un serveur Web.
Après analyse, il est apparu que l'attaquant a
utilisé une vulnérabilité dans un module
du système de gestion de contenu TYPO3. Ce
module avait été développé en
interne et n'était pas diffusé. Le CERTA tient à souligner que même sur des outils développé en interne et non diffusé, des attaquants réussissent à découvrir et exploiter des vulnérabilités, il est donc essentiel de bien veiller à la sécurité de ces outils au cours de leur développement. Documentation
2 Les alertes de la semaineCette semaine, le CERTA a publié deux alertes CERTA-2010-ALE-017 et CERTA-2010-ALE-018 concernant respectivement des vulnérabilités dans Mozilla Firefox et dans les produits Adobe. De plus, la vulnérabilité détaillée dans l'alerte CERTA-2010-ALE-016 a été corrigée. 2.1 Vulnérabilité dans Mozilla FirefoxUne vulnérabilité non communiquée affecte le navigateur Mozilla Firefox. Elle permet à une personne malintentionnée d'exécuter du code arbitraire à distance au moyen d'une page Web spécifiquement réalisée. Mozilla a depuis publié un correctif, le CERTA recommande donc de mettre à jour cette application afin de ne plus être exposé à cette vulnérabilité. Documentation
2.2 Vulnérabilité dans les produits AdobeUne vulnérabilité non corrigée affecte des produits Adobe et permet à une personne malintentionnée d'exécuter du code arbitraire à distance. Cette vulnérabilité est actuellement exploitée sur l'Internet dans des attaques ciblant les logiciels Adobe Acrobat et Reader au moyen de documents PDF ayant du contenu Flash. Dans l'attente d'un correctif de l'éditeur, le CERTA recommande les actions suivantes :
Le CERTA a, de plus, constaté qu'une campagne de pourriels profitait de cette actualité afin de récupérer des coordonnées bancaires sous couvert de l'obtention d'une mise à jour des produits Adobe. Le CERTA rappelle qu'il ne faut jamais répondre à ce type de sollicitations qui restent pour la plupart des escroqueries. Documentation
2.3 Vulnérabilité dans Adobe Shockwave PlayerUne vulnérabilité permet à une personne malveillante distante de provoquer un déni de service ou d'exécuter du code arbitraire via des fichiers au format DIR. Une mise à jour a été publiée par Adobe et permet de corriger cette vulnérabilité. Le CERTA recommande d'appliquer ce correctif dans les plus brefs délais. Documentation
3 Tromper les outils d'analyse protocolaire réseau3.1 Faits récentsUne société produisant des boîtiers de sécurité a récemment annoncé avoir découvert de nouvelles techniques d'attaques avancées (appelées AET pour Advanced Evasion Techniques) permettant de tromper les analyses d'outils réseau, tels les pare-feux applicatifs ou les sondes dites de détection ou de prévention (IDS/IPS). Les détails techniques ne sont pas connus à la date de rédaction de cet article. L'objet n'est pas ici de faire des présomptions ou des critiques liées à cette annonce, mais profiter de celle-ci pour rappeler le contexte de ce genre d'attaques. 3.2 Rapide historiqueDes chercheurs ont expliqué, voilà plus de douze ans, que l'information analysée uniquement au niveau du réseau était insuffisante pour conclure sur les conséquences exactes de l'interprétation des trames par une machine cible. Les outils d'analyse réseau sont intrinsèquement différents des machines qu'ils cherchent à protéger. Les piles protocolaires sont différentes, les réactions à des comportements anormaux également. Cela est d'autant plus vrai avec certains outils de
sécurité actuels qui s'appuient sur des
heuristiques et des tests simples pour identifier des
protocoles, sans mettre en Peut-on les blâmer ? Non. Les outils de sécurité doivent souvent effectuer à grande échelle le travail d'analyse protocolaire qu'une seule machine fait en principe. Plus le nombre de couches protocolaires à analyser augmente, plus la tâche s'avère complexe. L'une des approches consiste alors naturellement à simplifier l'analyse protocolaire intermédiaire et gagner de précieuses ressources pour les tâches complexes (recherches de chaînes de caractères, etc.). L'attaquant a ainsi a sa disposition deux grandes méthodes pour agir :
Dans les deux cas, l'équipement échoue dans son analyse. Sa fonction de sécurité est contournée. Il s'agit d'un sujet très vaste. Parmi les méthodes historiques les plus connues (mais pas nécessairement désuètes) :
La liste est relativement longue... Les cas de contournement font régulièrement l'objet d'articles et/ou de corrections de sécurité. Il s'agit systématiquement de cas issus des zones d'incohérence entre :
Un cas assez illustratif est l'interprétation des négociations TCP et les tests publiés sur l'Internet fin 2009 concernant le "4-way handshake". Les attaquants ont différents moyens pour s'attaquer aux boîtiers de sécurité. On peut distinguer, pour trouver des situations de contournement :
3.3 Que comprendre ?Chaque outil de sécurité a des limites intrinsèques. En ce qui concerne les outils d'analyse réseau, il faut connaître, demander ou chercher à comprendre les méthodes d'interprétation protocolaire pour :
Des travaux et des outils proposent également de normaliser le trafic en entrée de réseau. Cette méthode n'est pas parfaite. Elle peut avoir d'importants impacts opérationnels mais reste envisageable suivant les cas. 3.4 Références associées
4 Une extension controversée pour FirefoxCette semaine, la presse a beaucoup parlé de l'extension Firesheep pour Firefox. Cet article est l'occasion de revenir sur ce qu'elle fait, les risques associés et les problèmes légaux associés. 4.1 Qu'est ce que FiresheepIl s'agit d'un module complémentaire, non disponible dans les dépôts officiels, qui s'installe manuellement. Il écoute le trafic réseau visible par la machine (filaire ou WiFi) pour reconstituer les cookies de sessions transitant, et cela pour une vingtaine de sites dont Facebook et Yahoo. Il s'utilise en tant que panneau latéral dans lequel s'affichent les sessions usurpées, et sur lesquelles il suffit de cliquer pour accéder au compte correspondant. Sa simplicité d'installation et d'utilisation, ainsi que le battage médiatique fait autour, en fait un outil très tentant à utiliser...Cependant, il convient de s'interroger avant. Tout d'abord, il s'agit d'un outil non testé et au mode de développement inconnu. On ne reviendra pas ici sur les risques qu'il y a à installer de tels logiciels. Par ailleurs, lors de son lancement, le module va capturer tout les cookies possibles et va automatiquement se connecter au site correspondant ( cf. ci-dessous « Accès illégitime automatique »). 4.2 Des accès illégitimes automatiquesOn voit ci-dessous que la machine 172.16.127.128 (la victime) échange un cookie de session avec l'adresse 66.220.153.23 (Facebook). Automatiquement, moins d'une demi-seconde plus tard, l'adresse 172.16.127.130 (l'attaquant) se connecte à l'adresse 69.63.190.10 (un autre serveur Facebook) avec le même cookie.11:46:45.465553 172.16.127.128 66.220.153.23 HTTP GET /home.php? Cookie: datr=8vTHTLeCsl09isMbBW7-XXXX; x-referer=https%3A%2F%2F login.facebook.com%2Floginnotify%2Fsetup_machine.php%23%2F loginnotify%2Fsetup_machine.php; c_user=126781XXXX; cur_max_lag=20; lu=QAIsNHycU1vJDpq-fSl2XXXX; 11:46:46.161863 172.16.127.130 69.63.190.10 HTTP GET /home.php Cookie: datr=8vTHTLeCsl09isMbBW7-XXXX; x-referer=https%3A%2F%2F login.facebook.com%2Floginnotify%2Fsetup_machine.php%23%2F loginnotify%2Fsetup_machine.php; c_user=126781XXXX; cur_max_lag=20; lu=QAIsNHycU1vJDpq-fSl2KXXXX Il n'est donc pas possible, avec cet outil, de simplement écouter le réseau sans commettre d'accès illégitime. 4.3 Extraits du code pénalArticle 323-1 : Le fait d'accéder ou de se maintenir, frauduleusement, dans tout ou partie d'un système de traitement automatisé de données est puni de deux ans d'emprisonnement et de 30 000 euros d'amende. Lorsqu'il en est résulté soit la suppression ou la modification de données contenues dans le système, soit une altération du fonctionnement de ce système, la peine est de trois ans d'emprisonnement et de 45 000 euros d'amende. On peut considérer que le premier accès à une session d'un tiers par l'outil n'est pas du fait de l'utilisateur de l'outil. En revanche, le maintien de la session tierce est constitutif de l'infraction à l'article susvisé. La réitération de cette commande fait tenir l'accès et le maintien frauduleux. Article 323-3-1 : Le fait, sans motif légitime, d'importer, de détenir, d'offrir, de céder ou de mettre à disposition un équipement, un instrument, un programme informatique ou toute donnée conçus ou spécialement adaptés pour commettre une ou plusieurs des infractions prévues par les articles 323-1 à 323-3 est puni des peines prévues respectivement pour l'infraction elle-même ou pour l'infraction la plus sévèrement réprimée. 4.4 RemarqueCertains sites proposent une fonctionnalité de sécurité permettant d'identifier les machines qui sont utilisées pour se connecter. Cette identification étant faite avant l'établissement de la session, le fait d'utiliser un cookie contourne cette protection.4.5 ConclusionLe CERTA recommande bien sûr de ne pas utiliser, installer ou partager un tel outil (sauf très bon motif légitime et avec un encadrement légal approprié). Le CERTA recommande aussi aux utilisateurs des sites de ne pas utiliser de connexion en clair partagée (wifi chiffré, réseau commuté ou maintien des connexions en https).
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