| S . G . D . S . N Agence nationale de la sécurité des systèmes d'information |
![]() |
Paris, le 13 mai 2011 No CERTA-2011-ACT-019 |
Affaire suivie par :
CERTA
Objet : Bulletin d'actualité
2011-19
| Conditions d'utilisation de ce document : | http://www.certa.ssi.gouv.fr/certa/apropos.html |
| Dernière version de ce document : | http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-ACT-019 |
Le bulletin d'actualité est disponible dans son intégralité et au format PDF à l'adresse suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-ACT-019.pdf
Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la semaine, se trouve en HTML à l'adresse suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-ACT-019/
Quel que soit le contenu de la page de défiguration, la présence de celle-ci est le symptôme d'une vulnérabilité du site web. C'est ce point qu'il faut considérer, plus que la formulation revendicative.
Dans deux affaires, la page modifiée ou insérée pour réaliser la défiguration n'est restée que très peu de temps sur le site. Parce que les sites étaient parfaitement et continuellement supervisés, même en fin de semaine, et que les mesures correctives ont été prises sans délai ? Hélas non !
Dans le premier cas, un intrus bien plus agressif que l'auteur de l'insertion d'une page, a profité de la faiblesse du site pour remplacer toutes les pages par un code de redirection de l'internaute. Cette redirection renvoyait les visiteurs vers une adresse réticulaire (URL) sur un autre site, lui-même compromis. À cette adresse se trouvait un fichier exécutable Windows dont le nom suggérait qu'il s'agissait d'une mise à jour du navigateur Firefox. En réalité, ce programme infectait le poste de l'internaute assez imprudent pour le télécharger et l'exécuter.
L'analyse des journaux de connexion HTTP montre que le site défiguré puis modifié était sensible aux injections de code PHP (RFI).
Le deuxième cas est similaire dans la brièveté de la page de défiguration initiale. Celle-ci a été remplacée par un script permettant aux agresseurs de naviguer sur le site et d'y déposer des fichiers. Cela suffit à l'attaquant pour créer un entrepôt de contenus illicites, voire illégaux (site warez) : contenus contrefaits, enfreignant le respect des droits d'auteurs, outils d'attaque informatique, pornographie infantile, incitation à la haine raciale...
Dans cette intrusion, la non-mise à jour du CMS (Content Management System) utilisé pour le site est en cause.
Ces défigurations suivies par des modifications de ces sites, conduisent le CERTA à réitérer ses recommandations :
Le calcul repose en partie sur le nombre de liens qui pointent vers une l'URL. Pour augmenter le score et faire figurer l'URL malveillante dans les premiers résultats proposés par le moteur de recherche, l'agresseur doit augmenter le nombre de liens vers cette adresse réticulaire.
Une vague d'injections de tels liens est en cours. Sur les
sites web vulnérables, un lien est ajouté, non
pas dans un cadre IFRAME, mais dans une balise pour
les images :
<img heigth=''1'' width=''1'' border=''0''
src=''http://nom-d-hote-malveillant.net/t.php?id=suite-de-chiffres''>
Le CERTA a rencontré de tels liens dans sa communauté d'usagers. Le lien est alors écrit sur une seule ligne et en fin de page, après la balise de fin de document, </HTML>.
La présence d'un cheval de Troie (Fareit.A) sur le poste d'une personne pouvant modifier le site, et le vol des identifiants et mots de passe FTP sont suspectés pour la réalisation de ces injections malveillantes.
Face à cette menace, le CERTA recommande :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2002-INF-002/
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2008-INF-005/
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2007-INF-002/
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2004-INF-001/
En début de semaine, une société de sécurité indiquait avoir réussi à exploiter une vulnérabilité dans le navigateur Web Google Chrome. Cette vulnérabilité affecterait la version la plus récente du navigateur à la date de rédaction de ce document (soit la 11.0.696.68), et permettrait d'exécuter du code arbitraire à distance, sur des systèmes Windows 32 et 64 bits. Les développeurs à l'origine de la preuve de faisabilité prétendent être capables de contourner les protections contre l'exécution de code arbitraire, comme le bac à sable (sandbox) inclus dans Google Chrome, ou les protections fournies par Windows comme DEP (Data Execution Prevention) et ASLR (Address Space Layout Randomization). Malheureusement, aucun détail technique concernant la vulnérabilité exploitée n'a été communiqué : la société a indiqué que les informations techniques ne seront pas divulguées au public, ni aux équipes de sécurité de Google. Il n'est donc pas possible de valider la présence de cette vulnérabilité dans le navigateur de Google.
Dans tous les cas, plusieurs vulnérabilités affectant Google Chrome ont été découvertes et corrigées le 12 mai, et les bonnes pratiques de navigation sur l'Internet doivent être suivies scrupuleusement quel que soit le navigateur utilisé.
http://www.securite-informatique.gouv.fr/gp_article74.html
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-AVI-292/
Deux vulnérabilités dans Microsoft PowerPoint permettent à un utilisateur malintentionné d'exécuter du code arbitraire à distance au moyen d'une présentation PowerPoint spécialement formée.
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-AVI-281/index.html
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-AVI-282/index.html
http://www.microsoft.com/france/technet/security/Bulletin/MS11-035.mspx
http://www.microsoft.com/france/technet/security/Bulletin/MS11-036.mspx
D'un point de vu HTML, WebGL est un contexte de l'élément canvas du langage HTML5, accessible par l'interface DOM.
Il est par ailleurs supporté par différents navigateurs tels que Google Chrome, Mozilla Firefox 4 ainsi que dans les versions de développement de Safari et Opera.
Le groupe de travail WebGL Working Group à l'origine du projet inclut les sociétés Apple, Google, Mozilla et Opera. Tout comme son proche parent OpenGL, c'est le consortium Khronos Group qui est en charge de le maintenir.
C'est justement cet accès direct à l'espace
noyau qui soulève de nombreuses questions quant à
la sécurité de WebGL.
En effet, habituellement les différentes
fonctionnalités du navigateur ainsi que les greffons
s'exécutent en mode utilisateur et contiennent
différents mécanismes de vérification afin
de s'assurer de la conformité des données avant
de faire appel aux fontionnalités du système
d'exploitation. Or, dans le cas de WebGL, c'est directement une interface de
programmation en lien avec le pilote graphique, et donc
l'espace noyau, qui est mise à disposition. Les contenus
en provenance de l'Internet ont alors un accès direct au
matériel graphique (GPU) au travers de cette interface.
Il devient ainsi possible d'exécuter du code directement
sur le GPU. Cette possibilité ouvre donc de nouvelles
voies d'attaque.
Il est par exemple possible de déclencher un
déni de service en demandant à la carte graphique
d'afficher des éléments
géométriques 3D extrêment complexes ou bien
encore de faire exécuter par le GPU une boucle infinie.
Ce type de déni de service affecte l'ensemble de la
machine et pas simplement le processus du navigateur.
Par ailleurs, l'exécution de code sur le processeur
graphique permet de sortir du contexte du navigateur et donc de
contourner les politiques de sécurité
inter-domaine. Bien que le processeur graphique ne dispose pas
de capacités permettant d'accéder directement au
contenu des pages Internet, il est cependant possible d'avoir
accès aux pixels les composant, et ainsi de voler une
image. Des preuves de concept sont d'ailleurs d'ores et
déjà disponibles sur l'Internet.
Une deuxième catégorie d'attaque bien plus préoccupante est aussi à prendre en compte. Afin d'exposer le matériel graphique à l'Internet, WebGL repose sur les pilotes graphiques présents sur le système. Ces pilotes, sont des codes complexes et souvent de taille importante qui permettent d'interfacer le matériel et le système d'exploitation. Or, un code complexe est d'autant plus affecté par des vulnérabilités que sa taille est importante. Il est donc envisageable que des attaques ciblant les vulnérabilités d'un pilote voient le jour. Les conséquences d'une telle attaque s'échelonnent depuis un simple déni de service jusqu'à la possibilité d'exécuter du code arbitraire en espace noyau.
Par exemple, les différents navigateurs supportant
WebGL définissent des
niveaux de version minimaux pour les drivers graphiques, en
dessous desquels WebGL ne sera pas
activé, résolvant ainsi les problèmes de
stabilité rencontrés lors du
déploiement.
D'autre part, les systèmes Windows
7 et Windows Vista mettent
en
uvre un mécanisme permettant de
réinitialiser le GPU en cas de blocage de ce dernier,
prévenant ainsi les tentatives de déni de
service. Il reste cependant un problème majeur :
après un certain nombre de remise à zéro
sur une période de temps limitée, le
système considère être en présence
d'un problème majeur et déclenche un Bug Check, ce qui conduit à
l'arrêt brutal de la machine.
D'autres projets visant à améliorer la sécurtié de WebGL en lui-même ont aussi vu le jour. Parmis ceux-ci, ARB_robustness semble être prometteur. Il s'agit d'une extension de la librairie OpenGL qui met en place différents mécanismes de sécurité. Ses objectifs sont les suivants :
Cependant, dans ce cas, il ne s'agit pas simplement d'un module fonctionnant dans le contexte du navigateur mais d'une interface directe vers le matériel graphique et son pilote en mode noyau. Ainsi, une vulnérabilité pourrait permettre à un utilisateur malintentionné d'exécuter du code noyau arbitraire à distance.
L'utilisation de WebGL semble donc induire une augmentation non négligeable de la surface d'attaque du système et l'aggravation de l'impact. Aussi, il est recommandé de ne pas utiliser cette option dans l'immédiat.
http://www.us-cert.gov/current/index.html#web_users_warned_to_turn
http://www.contextis.com/resources/blog/webgl/
http://www.opengl.org/registry/specs/ARB/robustness.txt
https://wiki.mozilla.org.Blocklisting/Blocked_Graphics_Drivers
Dans la période du 6 mai au 12 mai 2011, le CERTA a émis les avis suivants :