S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information
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Paris, le 14 octobre 2011
No CERTA-2011-ACT-041 |
Affaire suivie par :
CERTA
Objet : Bulletin d'actualité
2011-41
Le bulletin d'actualité est disponible dans son
intégralité et au format PDF à l'adresse
suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-ACT-041.pdf
Un extrait du bulletin, ne reprenant que les articles de la
semaine, se trouve en HTML à l'adresse
suivante :
http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2011-ACT-041/
Cette semaine, Microsoft a publié son ensemble
mensuel de correctifs de sécurité. Ce sont ainsi
huit bulletins de sécurité qui ont mis en ligne,
corrigeant vingt trois vulnérabilités. Le CERTA
rappelle l'impérative nécessité de
déployer au plus vite ces mises à jour. Une
synthèse des bulletins publiés est disponible
dans la section Documentation ci-après.
Nous continuons cette semaine l'énumération des
moyens à la disposition des attaquants pour
élever leurs privilèges dans le système
d'information après l'exploitation réussie d'une
vulnérabilité sur un poste ou sur un serveur.
Depuis de nombreuses années, des techniques existent
pour extraire les condensats de mots de passe de la base locale
de sécurité (SAM). Ceux-ci ne permettront
probablement pas d'obtenir des droits sur le domaine mais
l'attaquant peut bénéficier de faiblesses
courantes d'administration. En effet, le mot de passe
utilisé pour un compte local peut être
réutilisé pour un compte de domaine ou bien
encore, un compte local privilégié peut
être dupliqué sur un grand nombre de postes.
L'attaquant aura alors l'opportunité de multiplier les
attaques décrites ici et, dès lors, va
considérablement augmenter ses chances de
réussite.
La prévention de cette attaque consiste à
s'assurer qu'un condensat de mot de passe local obtenu sur un
poste ne puisse être réutilisé sur une
autre machine ou sur le domaine. En l'espèce, il
convient donc de s'assurer :
- que les mots de passe des comptes d'administration locaux
ne sont pas réutilisés sur plusieurs postes. Ce
type de situation est typiquement rencontré lors du
déploiement d'images système sans
réinitialisation des mots de passe ;
- que les mots de passe de comptes locaux ne sont pas
réutilisés pour des comptes de domaine.
Cette attaque est une variante (lente) de la
précédente. Il s'agit encore d'une extraction des
condensats de mots de passe de compte locaux mais cette fois
à fin de « cassage ». L'objectif
est désormais de retrouver les mots de passe en texte
clair (en comparaison de la réutilisation du condensat
de l'attaque précédente). Cette attaque va
permettre à l'attaquant de retrouver les
« habitudes » ou
« formules » de création de mots
de passe. Il aura alors la possibilité
d'améliorer ses recherches de mots de passe
utilisés dans l'entité attaquée.
Une méthode simple permet de prévenir cette
attaque. Il faut (et il suffit) de ralentir l'attaque par
dictionnaire et/ou par recherche exhaustive en utilisant un mot
de passe suffisamment long et complexe pour empêcher
toute déduction ou inférence à partir d'un
mot de passe compromis.
L'opérateur Orange a procédé à la
mise à jour des boîtiers (livebox) déployés chez ses
abonnés du 18 août au 19 septembre 2011.
Malheureusement, pendant cette opération, le mot de
passe d'administration est retourné à sa valeur
initiale.
Le CERTA recommande de ne jamais conserver les mots de
passes initiaux et de les remplacer dès installation,
bien sûr par des mots de passe robustes. Cette
recommandation s'applique également pour cette mise
à jour.
De manière générale, il convient de
vérifier que la mise à jour d'un logiciel ou d'un
équipement ne crée pas une régression de
configuration, par exemple la réinitialisation du mot de
passe.
Le problème présent donne l'occasion à
ceux qui n'avaient pas changé ce mot de passe de penser
à le faire, et à ceux qui l'avait fait d'opter
pour un autre mot de passe, le renouvellement périodique
étant une bonne habitude.
L'opérateur a publié un article sur son site
de support en ce sens (cf. Documentation).
4 Rappel des avis émis
- CERTA-2011-AVI-551 : Vulnérabilité dans
CyrusIMAPd
- CERTA-2011-AVI-552 : Vulnérabilité dans
Microsoft Active Accessibility
- CERTA-2011-AVI-553 : Vulnérabilité dans
Windows Media Center
- CERTA-2011-AVI-554 : Multiples
vulnérabilités dans le sous-système
win32k de Microsoft Windows
- CERTA-2011-AVI-555 : Vulnérabilité dans
Microsoft NET Framework et Microsoft Silverlight
- CERTA-2011-AVI-556 : Vulnérabilités dans
Microsoft Forefront Unified Access Gateway
- CERTA-2011-AVI-557 : Vulnérabilité dans
Windows XP et Windows Server 2003
- CERTA-2011-AVI-558 : Multiples
vulnérabilités dans Internet Explorer
- CERTA-2011-AVI-559 : Vulnérabilités dans
Microsoft Host Integration Server
- CERTA-2011-AVI-560 : Vulnérabilités dans
Cadic Intégrale
- CERTA-2011-AVI-561 : Vulnérabilité dans
VLC
- CERTA-2011-AVI-562 : Vulnérabilité dans
Apache mod_proxy
- CERTA-2011-AVI-563 : Vulnérabilité dans
Apple pour iOS 15
- CERTA-2011-AVI-564 : Multiples
vulnérabilités dans Apple Mac OS X
- CERTA-2011-AVI-565 : Multiples
vulnérabilités dans Cisco Firewall Services
Module
- CERTA-2011-AVI-566 : Multiples
vulnérabilités dans Apple Safari
- CERTA-2011-AVI-567 : Vulnérabilités dans
Apple iOS
5 Actions
suggérées
La Politique de Sécurité des Systèmes
d'Information (PSSI) est l'ensemble formalisé dans un
document applicable, des directives, procédures, codes
de conduite, règles organisationnelles et techniques,
ayant pour objectif la protection des systèmes
d'information de l'organisme. Elle traduit la reconnaissance
officielle de l'importance accordée par la direction
générale de l'organisme à la
sécurité de ses systèmes d'information.
D'une manière générale, elle contient une
partie relative aux éléments stratégiques
de l'organisme (périmètre, contexte, enjeux,
orientations stratégiques en matière de SSI,
référentiel règlementaire, échelle
de sensibilité, besoins de sécurité,
menaces) et une partie relative aux règles de
sécurité applicables. Elle constitue donc une
traduction concrète de la stratégie de
sécurité de l'organisme.
Quoi que puisse suggérer ce document, la politique de
sécurité en vigueur dans votre service doit
primer.
Cette section précise néanmoins quelques
mesures générales de nature à vous
prémunir contre les agressions décrites dans ce
document. En effet, la sécurité des
systèmes d'information ne repose pas exclusivement sur
des outils, mais aussi sur une organisation et des
politiques.
A la lumière des enseignements tirés de ce qui
a été présenté dans les bulletins
d'actualité, il convient de vérifier que les
applications mises en oeuvre (ou à l'étude) ont
une architecture qui résiste aux incidents
décrits.
Le tableau 2 rappelle les avis du CERTA correspondant aux
applications ou codes malveillants relatifs aux ports
étudiés dans les sections
précédentes.
L'application des correctifs sur un parc informatique
important n'est probablement pas immédiate. Un pare-feu
correctement configuré peut retenir certaines attaques
informatiques le temps d'appliquer les correctifs. Cependant un
pare-feu peut donner une illusion de protection. Cette
protection est brisée par la moindre introduction d'un
ordinateur nomade dans la partie protégée. On
remarque qu'il y a de nombreux paquets rejetés à
destination de ports légitimement utilisés par
des applications de prise de main à distance. La
téléadministration correspond à une
demande qui grandit avec la taille du parc à
gérer. Les paquets rejetés montrent le risque
associé à ce type d'application. Ce risque peut
être amoindri par l'usage correct d'un pare-feu.
De nombreux paquets rejetés étudiés
correspondent aux ports ouverts par divers virus/vers/chevaux
de Troie. Si votre politique de sécurité autorise
le balayage des ports ouverts sur les postes de travail ou les
serveurs, il peut s'avérer utile de le faire
régulièrement afin de découvrir les
machines potentiellement contaminées avant qu'un intrus
ne le fasse à votre place.
L'analyse des journaux de votre pare-feu est une source
pertinente d'informations pour la sécurité de
votre réseau et de vos systèmes. Cela peut vous
aider à anticiper des incidents en remarquant par
exemple des activités anormales. Le CERTA peut vous
aider dans ce travail d'analyse.
Organisez-vous pour réagir aux incidents de
sécurité, en particulier, pour assurer une
certaine continuité dans les équipes
d'administration et de sécurité.
Le CERTA a pour mission de vous aider à
répondre aux incidents de sécurité
informatique.
Ne traitez pas les dysfonctionnements des machines à
la légère. Dans certains incidents dans lesquels
le CERTA intervient, les administrateurs des machines font
spontanément part de petits dysfonctionnements
inexpliqués et d'apparence anodine qui s'avèrent,
au cours de l'analyse, être liés à un
incident majeur de sécurité. N'hésitez pas
à prendre contact avec le CERTA si vous constatez de
l'activité sur les ports décrits ci-dessus.
La sécurité d'un système d'information
doit reposer sur une approche de défense en profondeur.
Cela signifie, entre autres choses, que l'utilisateur est
partie prenante de la sécurité. Sa vigilance, son
niveau de formation et de sensibilisation participent à
la sécurité du système. C'est pourquoi il
est essentiel de prévoir des séances de formation
et de sensibilisation des utilisateurs, acteurs de la
sécurité. Pour vous aider dans ces actions,
l'ANSSI dispose d'un centre de formation :
http://www.ssi.gouv.fr/site_rubrique62.html
- 14 octobre 2011
- version initiale.
CERTA
2012-01-04
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