S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information
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Paris, le 03 février
2012
No CERTA-2012-ACT-005 |
Affaire suivie par :
CERTA
Objet : Bulletin d'actualité
2012-05
Tableau 1: Gestion du document
| Référence |
CERTA-2012-ACT-005 |
| Titre |
Bulletin d'actualité
2012-05 |
| Date de la première
version |
03 février 2012 |
| Date de la dernière
version |
- |
| Source(s) |
|
| Pièce(s) jointe(s) |
Aucune |
|
Une gestion de version détaillée se trouve
à la fin de ce document.
Le CERTA a été amené à traiter un
incident sur un poste de travail sur lequel une archive Java a
été téléchargée. L'extension
des noms des fichiers d'archives Java est
généralement JAR.
Les machines virtuelles Java, ou JVM, constituent une cible
pour les codes malveillants. En effet, plusieurs versions de
JVM peuvent cohabiter sur un même système. La
mauvaise « bonne raison » de cette
situation est un défaut de compatibilité
ascendante à laquelle s'ajoute l'adhérence
d'applications à telle ou telle version de la JVM. Une
conséquence est que l'installation d'une version
récente de JVM ne supprime pas une instance plus
ancienne, laquelle peut être vulnérable.
Réciproquement, une version vulnérable de JVM
peut être installée sur un ordinateur, jusque
là à jour, sans que l'utilisateur s'en rende
compte parce que cette installation est noyée dans celle
d'un autre produit, une suite bureautique, par exemple.
Cette situation côté client est aggravée
par le trop rare recours des développeurs à la
signature de leur code Java. Ce faisant les utilisateurs ne
posent pas de restrictions sur les codes Java autorisés
à s'exécuter sur leur poste. Les auteurs
d'archives malveillantes ont donc leurs tentatives de
pénétration facilitées.
Face à cette menace, il est recommandé, dans la
mesure du possible et dans le respect de la politique de
sécurité du SI :
- de vérifier que seules les versions indispensables
des JVM sont présentes sur les ordinateurs ;
- de filtrer ou de bloquer le téléchargement
d'archives Java ;
- de limiter l'exécution des programmes Java aux
codes signés ;
- de signer les programmes légitimes
développés en Java, de façon à
pouvoir mettre en pratique la recommandation
précédente ;
- de surveiller les flux entrant et sortant du SI à
la recherche d'anomalies.
Le CERTA a émis une alerte sur une
vulnérabilité de certains boîtiers (appliances) Cisco IronPort.
Ces boîtiers embarquent un logiciel
dérivé de BSD. La vulnérabilité sur
le logiciel serveur Telnet de FreeBSD, corrigée par ce
projet en décembre 2011, s'est répercutée
sur des produits Cisco (et peut-être d'autres
éditeurs). Elle est publique, ce qui en facilite
l'exploitation.
Par ailleurs, par leurs fonctions, ces produits Cisco sont
généralement placés en
périphérie des SI. Cela a au moins deux
conséquences. D'une part, ils sont exposés aux
attaques provenant de l'extérieur du SI. D'autre part,
si la vulnérabilité est exploitée avec
succès, l'attaquant dispose d'un outil à son
profit dont deux scénarios d'utilisation sont
décrits ci-dessous.
Les boîtiers de filtrage de courriels analysent tous
les messages électroniques entrant dans le SI. À
supposer que l'attaquant installe un logiciel qui copie et
renvoie tous les courriels vers un serveur sous son
contrôle, il dispose d'un moyen formidable d'intelligence
économique.
Les boîtiers qui filtrent les flux Web peuvent, de la
même manière, être détournés
et laisser les postes internes naviguer et recevoir les
contenus de sites qui vont infecter ces postes.
Par ailleurs, et indépendamment de cette
vulnérabilité, le protocole Telnet doit
être délaissé au profit de protocoles
sécurisés comme SSH. Dans son utilisation
traditionnelle, Telnet véhicule en clair les
informations de connexion, les rendant vulnérables
à l'écoute. Le protocole SSH permet de
sécuriser les connexions, mais encore faut-il que les
paramètres d'utilisation présentent les
qualités requises :
- la clef du serveur doit être de longueur
suffisante ;
- le client doit utiliser une authentification
adaptée. Le minimum est un mot de passe robuste.
L'utilisation d'un certificat client est
préférable, mais plus lourde à
gérer.
Si le CERTA recommande habituellement de procéder aux
mises à jour dès que le correctif de
sécurité est disponible, dans le cas
présent, il recommande également :
- de désactiver le serveur Telnet et d'utiliser le
protocole SSH avec des paramètres de
qualité ;
- de limiter les adresses qui peuvent accéder
à l'interface d'administration, dans une optique de
défense en profondeur ;
- de multiplier les obstacles contre les attaques, de
manière à ce que la compromission de
boîtiers IronPort diminue le moins possible la
protection des éléments sensibles du
SI ;
- de surveiller les flux entrants et sortants du SI,
à la recherche d'anomalies (protocole, destination,
horaire, volume, motif d'URL...).
Dans la période du 27 janvier 2012 au 02
février 2012, le CERTA a émis les publications
suivantes :
- CERTA-2012-ALE-001 : Vulnérabilité dans
Cisco IronPort
- CERTA-2012-AVI-034 : Vulnérabilité dans le
noyau linux
- CERTA-2012-AVI-035 : Vulnérabilité dans
Cisco IP Video Phone E20
- CERTA-2012-AVI-036 : Multiples
vulnérabilités dans Postfix Admin
- CERTA-2012-AVI-037 : Vulnérabilité dans IBM
solidDB
- CERTA-2012-AVI-038 : Vulnérabilité dans
Samba
- CERTA-2012-AVI-039 : Vulnérabilités dans
FFmpeg
- CERTA-2012-AVI-040 : Vulnérabilités dans
SAP NetWeaver
- CERTA-2012-AVI-041 : Vulnérabilités dans
IBM DB2 Accessories Suite
- CERTA-2012-AVI-042 : Vulnérabilité dans
JBoss
- CERTA-2012-AVI-043 : Vulnérabilité dans IBM
Web Experience Factory
- CERTA-2012-AVI-044 : Vulnérabilité dans RSA
enVision
- CERTA-2012-AVI-045 : Vulnérabilité dans des
produits Oracle
- CERTA-2012-AVI-046 : Vulnérabilités dans
VMware ESX et ESXi
- CERTA-2012-AVI-047 : Multiples
vulnérabilités dans les produits Mozilla
- CERTA-2012-AVI-048 : Vulnérabilité dans
Ubuntu Software Properties
- CERTA-2012-AVI-049 : Vulnérabilité dans
Ubuntu AccountsService
- CERTA-2012-AVI-050 : Vulnérabilités dans
Apache
- CERTA-2012-AVI-051 : Vulnérabilité dans HP
Network Automation
- CERTA-2012-INF-001 : Dénis de service -
Prévention et réaction
Durant la même période, les publications
suivantes ont été mises à jour :
- CERTA-2011-AVI-381-001 : Multiples
vulnérabilités dans Bind (ajout du belletin de
sécurité HP)
- CERTA-2011-AVI-580-002 : Vulnérabilités
dans Java (ajout du bulletin de sécurité
HP)
- CERTA-2011-AVI-645-001 : Vulnérabilité dans
ISC BIND (ajout du bulletin de sécurité
HP)
- CERTA-2012-AVI-006-001 : Multiples
vulnérabilités dans OpenSSL (ajout du bulletin
de sécurité HP)
- CERTA-2012-AVI-028-001 : Vulnérabilité dans
OpenSSL (ajout du bulletin de sécurité
Debian)
4 Actions
suggérées
La Politique de Sécurité des Systèmes
d'Information (PSSI) est l'ensemble formalisé dans un
document applicable, des directives, procédures, codes
de conduite, règles organisationnelles et techniques,
ayant pour objectif la protection des systèmes
d'information de l'organisme. Elle traduit la reconnaissance
officielle de l'importance accordée par la direction
générale de l'organisme à la
sécurité de ses systèmes d'information.
D'une manière générale, elle contient une
partie relative aux éléments stratégiques
de l'organisme (périmètre, contexte, enjeux,
orientations stratégiques en matière de SSI,
référentiel règlementaire, échelle
de sensibilité, besoins de sécurité,
menaces) et une partie relative aux règles de
sécurité applicables. Elle constitue donc une
traduction concrète de la stratégie de
sécurité de l'organisme.
Quoique puisse suggérer ce document, la politique de
sécurité en vigueur dans votre service doit
primer.
Cette section précise néanmoins quelques
mesures générales de nature à vous
prémunir contre les agressions décrites dans ce
document. En effet, la sécurité des
systèmes d'information ne repose pas exclusivement sur
des outils, mais aussi sur une organisation et des
politiques.
A la lumière des enseignements tirés de ce qui
a été présenté dans les bulletins
d'actualité, il convient de vérifier que les
applications mises en oeuvre (ou à l'étude) ont
une architecture qui résiste aux incidents
décrits.
Le tableau 2 rappelle les avis du CERTA correspondant aux
applications ou codes malveillants relatifs aux ports
étudiés dans les sections
précédentes.
L'application des correctifs sur un parc informatique
important n'est probablement pas immédiate. Un pare-feu
correctement configuré peut retenir certaines attaques
informatiques le temps d'appliquer les correctifs. Cependant un
pare-feu peut donner une illusion de protection. Cette
protection est brisée par la moindre introduction d'un
ordinateur nomade dans la partie protégée. On
remarque qu'il y a de nombreux paquets rejetés à
destination de ports légitimement utilisés par
des applications de prise de main à distance. La
téléadministration correspond à une
demande qui grandit avec la taille du parc à
gérer. Les paquets rejetés montrent le risque
associé à ce type d'application. Ce risque peut
être amoindri par l'usage correct d'un pare-feu.
De nombreux paquets rejetés étudiés
correspondent aux ports ouverts par divers virus/vers/chevaux
de Troie. Si votre politique de sécurité autorise
le balayage des ports ouverts sur les postes de travail ou les
serveurs, il peut s'avérer utile de le faire
régulièrement afin de découvrir les
machines potentiellement contaminées avant qu'un intrus
ne le fasse à votre place.
L'analyse des journaux de votre pare-feu est une source
pertinente d'informations pour la sécurité de
votre réseau et de vos systèmes. Cela peut vous
aider à anticiper des incidents en remarquant par
exemple des activités anormales. Le CERTA peut vous
aider dans ce travail d'analyse.
Organisez-vous pour réagir aux incidents de
sécurité, en particulier, pour assurer une
certaine continuité dans les équipes
d'administration et de sécurité.
Le CERTA a pour mission de vous aider à
répondre aux incidents de sécurité
informatique.
Ne traitez pas les dysfonctionnements des machines à
la légère. Dans certains incidents dans lesquels
le CERTA intervient, les administrateurs des machines font
spontanément part de petits dysfonctionnements
inexpliqués et d'apparence anodine qui s'avèrent,
au cours de l'analyse, être liés à un
incident majeur de sécurité. N'hésitez pas
à prendre contact avec le CERTA si vous constatez de
l'activité sur les ports décrits ci-dessus.
La sécurité d'un système d'information
doit reposer sur une approche de défense en profondeur.
Cela signifie, entre autres choses, que l'utilisateur est
partie prenante de la sécurité. Sa vigilance, son
niveau de formation et de sensibilisation participent à
la sécurité du système. C'est pourquoi il
est essentiel de prévoir des séances de formation
et de sensibilisation des utilisateurs, acteurs de la
sécurité. Pour vous aider dans ces actions,
l'ANSSI dispose d'un centre de formation :
http://www.ssi.gouv.fr/site_rubrique62.html
- 03 février 2012
- version initiale.
CERTA
2012-02-03
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