S . G . D . S . N
Agence nationale
de la sécurité des
systèmes d'information

République Française Paris, le 27 janvier 2012
No CERTA-2012-INF-001

Affaire suivie par :

CERTA

NOTE D'INFORMATION DU CERTA

Objet : Dénis de service - Prévention et réaction


Conditions d'utilisation de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/certa/apropos.html
Dernière version de ce document : http://www.certa.ssi.gouv.fr/site/CERTA-2012-INF-001

Gestion du document


Tableau 1: Gestion du document
Référence CERTA-2012-INF-001
Titre Dénis de service - Prévention et réaction
Date de la première version 27 janvier 2012
Date de la dernière version -
Source -
Pièce(s) jointe(s) Aucune

Une gestion de version détaillée se trouve à la fin de ce document.

1 Introduction

Une attaque en déni de service provoque des dysfonctionnements ou paralyse complètement un ou plusieurs services de la victime.

Il est courant qu'une attaque de cette nature sollicite une ressource particulière du système d'information de la cible, jusqu'à épuisement. Cette ressource peut être la bande passante du réseau, la capacité de traitement globale d'une base de données, la puissance de calcul des processeurs, l'espace disque, etc.

La lutte contre les dénis de service est souvent une affaire de rapport de force et, à défaut de pouvoir les empêcher, la victime potentielle peut prendre des dispositions pour en atténuer les effets sur ses processus.

L'agresseur peut n'utiliser qu'un seul ordinateur, mais cette situation est rare en pratique. Le plus souvent, il fera appel à un nombre important d'ordinateurs compromis, réunis dans un réseau de zombies (botnet). On parle alors de déni de service distribué, en anglais DDoS pour Distributed Denial of Service.

De plus, un élément de SI peut subir un déni de service dont il n'est pas la cible (effet collatéral). Ainsi, un site Web hebergé chez un prestataire peut souffrir des attaques visant un autre client du prestataire, dès lors qu'une partie de l'infrastructure est partagée (réseau, serveur, pare-feu...).



Cette note vise à donner des orientations pour se préparer à l'éventualité d'une attaque en déni de service et pour en amoindrir les impacts. Elle s'articule en plusieurs parties :

Les mesures proposées dans ce document sont à décliner au regard des specificités et de la politique de sécurité globale et à la politique de sécurité des systèmes d'information (PSSI) de chaque organisation. Cette PSSI peut contenir un plan de continuité d'activité (PCA) ou le volet informatique de ce plan. Cette PSSI sera le fruit d'une analyse de risques qui prendra en compte le degré d'indisponibilité acceptable des services et des systèmes potentiellements impactés.

2 Mesures de prévention

La prévention est à la fois organisationelle et technique.

2.1 S'organiser

Il convient de recenser :

Les contrôles et des exercices réguliers sont également des mesures préventives à ne pas négliger.

2.2 Prendre des mesures techniques

Les mesures organisationnelles débouchent en partie sur des mesures techniques appliquées avant que les attaques surviennent, dans le respect de la PSSI, comme :

2.3 Détecter des dénis de service

Les mesures techniques (supervision, tests) et organisationnelles doivent faciliter la détection d'anomalies et d'attaques. Cela implique que les outils de supervision sont effectivement sous le contrôle permanent d'opérateurs humains, alertés de manière plus ou moins automatisée.

Parmi les indices classiques de ces attaques, on trouve :

Le signalement de l'indisponibilité d'un service peut également provenir de l'extérieur (client, fournisseur, partenaire, CERT, etc.).

3 Mesures de réaction

Le réaction doit se faire avec sang-froid et en menant une analyse rationnelle en relation avec les acteurs pertinents identifiés par les mesures organisationnelles. Des actions irréfléchies peuvent aggraver l'impact du déni de service.

3.1 Analyser le déni de service

Cette analyse technique a deux objectifs : déterminer si la cause est accidentelle ou malveillante et prendre efficacement les mesures de réaction adaptées. En effet, les propriétés des technologies issues du monde de l'Internet (protocoles, adressage...) et des systèmes sont si variées que les dénis de service peuvent être multiformes.

Des captures sur les systèmes visés (journaux, moniteurs de charge), sur les relais ou sur le réseau (PCAP) sont indispensables.

Il est impératif de s'assurer que l'augmentation de la consommation d'une ressource n'est pas liée à une opération, peut-être rare ou ponctuelle, mais légitime.

L'analyse technique pourra également révéler qu'un dysfonctionnement (bug, mauvaise configuration...) est la cause accidentelle du déni de service.

Il est important d'identifier quand cela est possible, entre autre :

3.2 Prendre les dispositions organisationnelles

Selon les résultats de l'analyse, les mesures seront celles prévues dans la phase de préparation et qui seront confirmées au niveau décisionnel adéquat. Il pourra s'agir :

3.3 Cantonner l'attaque

Les mesure techniques de cantonnement seront extrêmement dépendantes de l'impact et de la technique utilisée par les attaquants et des choix faits dans la PSSI et par les instances de décision.

L'idée sous-jacente est d'arrêter le flux nuisible au plus près de la source et le plus finement possible. Cependant, des mesures générales peuvent être prises en urgence, puis remplacées par des mesures plus adaptées.

Par conséquent, les pistes indiquées ci dessous sont illustratives :

3.4 Reprendre le régime normal

Des agresseurs très motivés ont pu maintenir des dénis de service plusieurs jours durant. Dans les cas observés jusqu'à présent, ces attaques cessent d'elles-mêmes.

À la fin de l'attaque, il convient de reprendre les activités selon le PCA ou le PRA (plan de reprise d'activité).

3.5 Tirer les enseignements

Chaque incident est l'occasion de réaliser un retour d'expérience visant à apporter les modifications nécessaires des plans d'intervention, voire de modifier ou de durcir l'architecture, de revoir les contrats de prestation et d'améliorer l'organisation.

4 Causes possibles d'indisponibilités

Cette section donne des exemples de causes qui pourront éclairer l'analyse technique.

Les indisponibilités peuvent être malveillantes, mais aussi accidentelles. La première partie concerne les attaques tandis que la deuxième revient sur d'autres causes de déni de service.

4.1 Types d'attaques connues

Les techniques d'attaque évoluent sans cesse. L'utilisation de vulnérabilités (applicatives ou liées aux protocoles utilisés dur les réseaux) permet parfois de créer une asymétrie importante entre les ressources utilisées par l'agresseur et celles nécessaires pour les contrer.

La liste suivante indique des types d'attaques recensés ces dernières années :

Un déni de service peut également trouver sa source dans d'autres attaques :

4.2 Exemples de dénis de service accidentels

L'analyse technique ne peut exclure une cause accidentelle lorsqu'une indisponibilité est detectée. Les exemples ci-dessous sont illustratifs et non limitatifs :

Gestion détaillée du document

27 janvier 2012
version initiale.



CERTA
2012-01-30